répondre aux besoins des aidants professionnels et familiaux

24/06/2010 - Lu 461 fois
Alors que l’on redoute un « care déficit » dans les années à venir, notamment du fait des évolutions démographiques, répondre aux besoins des aidants professionnels et familiaux semble impératif. La mise en œuvre de formations spécifiques assurées par des équipes d’experts du vieillissement pourrait y contribuer.

 
 

Etre Aidant en 2010 d’une personne âgée ou d’un jeune des points communs mais… Il est souvent difficile aux enfants d’admettre que leurs parents, longtemps figures de l’autorité et du savoir, puissent voir leurs capacités cérébrales diminuer. Cette pénibilité spécifique du travail auprès des personnes âgées est également ressentie par les professionnels de l’aide.

 

Valoriser la spécificité du travail d’aide auprès des personnes âgées et développer des vocations.

 Alors que l’on redoute un « care déficit » dans les années à venir, notamment du fait des évolutions démographiques, répondre aux besoins des aidants professionnels et familiaux semble impératif. La mise en œuvre de formations spécifiques assurées par des équipes d’experts du vieillissement pourrait y contribuer. De manière plus générale, ouvrir la parole sur la réalité des déclins cognitifs dans l’âge serait profitable tant au grand public qu’aux personnels spécialisés en modifiant le regard qu’ils portent sur les seniors.

 

 

 

La pénibilité spécifique du travail d’aide auprès des personnes âgées…

Dans le grand âge, les personnes ont souvent besoin d’une aide qui recouvre à la fois des pratiques de soin, des services matériels, du soutien moral et de la surveillance. Cet appui, qui est en partie assuré par l’entourage familial, est parfois assimilé à une charge voire à un « fardeau », tant psychologique que physiologique. Les enquêtes qualitatives auprès d’aidants familiaux mettent surtout en évidence le contexte de tensions quasiment permanent dans lequel ils exercent leur tâche.

 

Les aidants se trouvent pris dans un ensemble de contraintes qui les obligent à adopter au quotidien des modes de conciliation avec de fortes répercussions sur leur vie.

De surcroît, les prises en charge des plus jeunes et des aînés ne sauraient être considérées de manière identique. En effet, comme le constate Isabelle Mallon, 23 « à l’épanouissement personnel et aux gratifications du maternage sont opposés l’épuisement, physique et moral, engendré par le fardeau de l’aide au parent âgé, et l’impuissance devant un combat perdu d’avance ». Il s’agit alors non plus d’accompagner vers l’autonomie mais de lutter contre son étiolement, non plus de construire un adulte mais de le préserver. Il est souvent difficile aux enfants d’admettre que leurs parents, longtemps figures de l’autorité et du savoir, puissent voir leurs capacités cérébrales diminuer.

 

En outre, le désengagement progressif de la société avec l’avancée en âge se couple à une préoccupation grandissante pour son monde intérieur, accentuée par l’approche de la mort. Ce double processus peut déboucher sur des syndromes dépressifs et anxieux très difficiles à supporter pour l’entourage.

Cette pénibilité spécifique du travail auprès des personnes âgées est également ressentie par les

professionnels de l’aide. Aujourd’hui, les emplois de prise en charge des jeunes enfants sont plus

recherchés et valorisés, notamment en raison des troubles cognitifs des aînés. Bien souvent ne sachant pas comment y faire face, les personnels trouvent ces postes plus pénibles et moins gratifiants, ce qui peut contribuer à accroître les risques de maltraitance. En outre, les relations avec la famille peuvent être tendues lorsque celle-ci juge la manière de traiter leur parent exagérément infantilisante. Travailler auprès des personnes âgées est alors fréquemment un choix professionnel par défaut, ce qui entraîne une difficulté à pérenniser les emplois (turn-over) et une absence d’expériences et de qualifications des personnels.

… se trouve amplifiée lorsque les atteintes cognitives sont pathologiques

Alors que la question des liens entre le vieillissement cognitif physiologique et les maladies neurodégénératives reste débattue, aujourd’hui, ce n’est pas moins de 6 % de la population générale qui est atteinte de formes de démence après 65 ans et presque 18 % après 75 ans24 (dont 80 % des cas sont des maladies d’Alzheimer). Ces âges sont donc à juste titre considérés comme des périodes critiques du vieillissement cérébral.

À l’heure actuelle, une vingtaine de maladies neurodégénératives susceptibles de conduire à une

dépendance d’origine cérébrale sont identifiées. Sur les 856 000 patients atteints de démence en France, près de 300 000 seraient dépendants25. Suite à un dysfonctionnement du système nerveux, la relation à autrui et à l’environnement, les activités mentales de tout ordre, la compréhension et l’expression verbale se trouvent compliquées. S’ensuivent une perte de la qualité de vie des personnes touchées et des difficultés affectives et matérielles pour l’entourage. Les conséquences précédemment évoquées du déclin cognitif naturel se trouvent accrues par l’ampleur des atteintes pathologiques. Or on déplore un manque de personnels spécifiquement qualifiés pour la prise en charge de ces malades. En outre, à une échelle plus globale, pour les 27 pays de l’Union européenne, le poids de la maladie d’Alzheimer était estimé en 2008 à 2,12 millions d’années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY)26 et le coût total était évalué à quelque 160,3 milliards d’euros27.

 

Valoriser la spécificité du travail d’aide auprès des personnes âgées et développer des vocations.

 Alors que l’on redoute un « care déficit » dans les années à venir, notamment du fait des évolutions démographiques, répondre aux besoins des aidants professionnels et familiaux semble impératif. La mise en œuvre de formations spécifiques assurées par des équipes d’experts du vieillissement pourrait y contribuer. De manière plus générale, ouvrir la parole sur la réalité des déclins cognitifs dans l’âge serait profitable tant au grand public qu’aux personnels spécialisés en modifiant le regard qu’ils portent sur les seniors.

 

 

23 Mallon I. (2009), « Prendre soin de ses parents âgés : un faux travail parental », Informations sociales, vol. 4, n° 154, p. 32-39.

 

Source : extrait de l’article rédigé par Sarah Sauneron, Département Questions Sociales du Centre d’Analyse Stratégique.

 
 

 

 
   

 

 
   
 
 
 
 
 
 
 
   
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