A mon mari

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Dessin BH

Ce matin, j’ai vu tomber les feuilles d’un arbre et j’ai pensé à toi.
Tes bribes de mémoire tombent comme les feuilles que les hommes piétinent.
Mes mains, paumes levées vers le ciel essayent d’en capturer,
Le vent du soir les éloigne avec douceur.
C’est une valse lente, si belle et si tragique.

Aujourd’hui, j’ai croisé un homme qui te ressemblait, je l’ai regardé peut- être avec trop d’insistance.
Qu’est-ce qu’il a cru ? C’est toi que je voyais, lui, n’existait pas.
J’ai cherché ton parfum derrière lui, comme si c’était toi.

Alors mes pas me conduisent inévitablement à l’unité Alzheimer où je te retrouve.
Presque transparent, si fragile dans des vêtements devenus trop larges.
Je te prends dans mes bras, ma tête se pose sur ton épaule et je pleure doucement.
Mais tu ne le sauras jamais.

Yoyo

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2 commentaires

  1. Bonsoir Yoyo,
    Votre poème me touche profondément et je souhaite ici vous apporter mon réconfort. SI les mots sont peu de chose face à la détresse humaine et à l’absence, s’ils peuvent au moins contribuer à soulager la personne à qui ils sont destinés, alors ils auront rempli leur rôle et c’est là mon but.
    Mon époux est encore de ce monde mais sa maladie l’a transformé en "mort vivant". C’est pourquoi je suis si touchée parce qu’en vérité je pense que je pourrais écrire exactement les mêmes phrases bien qu’il soit encore présent, mais aussi tellement absent.
    Le 17 juin 2015 j’avais publié sur de forum un billet d’humeur intitulé "et si nos vécus devenaient poèmes".
    Ma démarche était exactement identique à la vôtre malgré le fait que Gérard soit encore à mes côtés, mais tellement, tellement loin et absent …
    Je vous envoie plein de courage et de bises pour vous aider à tenir le coup.

    Christine

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