« Ça va ???… Non, ça va pas… »

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Quand l’aide à domicile vient le matin, elle me lance un machinal « Ça va??? » et s’affaire pour faire son « heure ». Je me demande si je lui criais à la figure « Non, ça ne va pas!!! », si elle changerait quoique ce soit à ses habitudes.

Pourtant, il suffirait qu’elle me regarde 10 secondes réellement dans les yeux, elle verrait que je craque, que je n’en peux plus. Mais ce n’est pas « son » problème à elle, elle est pas là pour moi, elle est là pour s’occuper de ma femme. Vous savez, on parle de l’isolement des aidants, je ne dis pas que c’est la cas général, c’est peut-être que quelques cas isolés, mais l’isolement de l’aidant, il commence avec l’absence de considération des aides professionnelles et des professionnels de santé à l’égard de l’aidant.

Le médecin traitant de ma femme n’a pas plus de considération pour moi. S’il demande quelque chose, c’est « Comment va t’elle ce matin ? » Je suis un aidant retraité, je suis à la maison, je veille sur elle 24 heures sur 24, et ces « professionnels » ne me parlent pas, je n’existe pas apparemment pour eux. Si les deux personnes qui viennent le plus souvent à la maison, l’aide professionnelle et le médecin traitant m’ignorent, dites moi comment l’aidant peut éviter de s’enfoncer dans l’isolement ? René

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3 commentaires

  1. Un peu dans la même situation que vous René, j’ai un jour changé d’attitude envers les professionnels qui défilent à mon domicile (certains sont toutefois attentionnés mais pas tous!) : au lieu de m’effacer pour laisser entrer la tornade blanche (j’avais baptisé ainsi une infirmière), j’avais pris la décision de rester au milieu du couloir afin qu’elle soit obligée de s’arrêter au moins une seconde pour me saluer. ça a marché! Et du coup j’ai répété l’opération avec d’autres : un cordial bonjour de ma part a commencé à dérider même les plus bourrus.
    Je pense René que si vous attendez l’aumône d’une considération, vous allez vous démoraliser. Il faut vous affirmer! Et on peut s’affirmer avec bonne humeur sans autoritarisme. Bon courage

  2. Bonjour René, et bonjour Francis.
    Je suis aide-soignante et je travaille au domicile des personnes. J’ai beaucoup d’estime pour les proches des malades qui s’occupent d’eux. Et j’aime bien faire un brin de causette… mais il faut dire qu’on a pas vraiment le temps. Parfois aussi on est mal perçues. Mais je suis une bonne nature, toujours de bonne humeur. Et j’approuve ce qu’a dit Francis à René : il ne faut pas être transparent René! Mettez-vous un peu plus en avant. Vous avez votre rôle à jouer autour de votre femme et ce n’est pas le plus facile. Les intervenants à domicile manque aussi de formations pour qu’ils prennent plus compte des aidants.

  3. Bonjour René,
    Je rejoins Francis, quand on est soi-même plein de doutes, on espère que les autres vont nous aider, et là, pas de pitié, personne ne fait attention à nous. Il n’y a pas à douter de nous en tant qu’aidants, peu de personnes sont capables de faire ce qu’on fait, ce quotidien où il faut avancer un pas après un autre, même quand on a l’impression que cet autre pas à faire est impossible. Je suis fière de ce que je fais pour mon mari, et même si je suis épuisée par moments, je sais pourquoi je le fais. Alors, oui, je n’attends RIEN des autres, professionnels de santé, aides à domicile, etc., mais je leur DEMANDE ce qui m’arrange. Retournez la question, et soyez le premier à poser la question à 1000 euros: "Comment ça va, vous". Faite le au médecin traitant de votre femme! Faite le à l’aide professionnelle… et revenez nous dire ce que vous avez obtenu!!!
    Bon courage en attendant, à vous et votre femme.

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