C’est à l’entreprise de faire les premiers pas en montrant de manière crédible qu’elle veut aider ses collaborateurs aidants

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Pour parler avec des aidants collègues, je suis convaincu que c’est l’entreprise qui doit faire les premiers pas vers ses collaborateurs qui sont aidants, il ne faut pas que l’entreprise attende de ses collaborateurs qu’ils fassent le premier pas.

Alors quels premiers pas doit faire l’entreprise ?

C’est d’abord donner des informations en commençant par cette première information psychologiquement très importante qui consiste à leur dire qu’il y a 8 à 9 millions d’aidants en France, qu’il y a 4 à 5 millions d’aidants qui doivent trouver les moyens de concilier leur activité professionnelle et leurs obligations d’aidant, qu’un salarié sur 5 est aidant.

Pourquoi tant insister sur ces chiffres ?

Pour justement montrer l’ampleur de ce phénomène des aidants, retirer toute gêne aux collaborateurs qui sont dans cette situation d’aidant, retirer tout sentiment de « culpabilité » en leur faisant réaliser qu’ils ne sont pas seuls, que c’est un « fait de société » désormais.

La seconde information utile, c’est de leur dire ce qu’ils peuvent d’abord trouver comme aides au sein de l’entreprise, et ce qu’ils peuvent trouver ensuite comme aides à l’extérieur de l’entreprise. Faire ces premiers pas de manière crédible, qu’est ce que cela veut dire concrètement ?

J’entends souvent des « experts » parler de l’identification des aidants dans l’entreprise, et je me demande toujours pourquoi ces experts disent que cela n’est pas facile. Si les entreprises sont crédibles sur leur volonté d’aider ceux parmi leurs collaborateurs qui sont aidants, les aidants sauront utiliser les aides proposées.

Si l’entreprise ne propose aucune aide en tant que telle, quel intérêt pour l’entreprise d’identifier ses salariés aidants ?

Si l’entreprise propose une aide efficace, ou si elle veut proposer une aide efficace, les aidants viendront d’eux-mêmes. L’information est une aide utile, et elle est efficace si les informations données permettent à l’aidant de gagner du temps, de trouver une solution. Tous les salariés qui dépassent 20 heures d’aides à un proche par semaine sont face au conflit d’horaires, les horaires demandés par l’entreprise, les horaires demandés par le proche. Cela veut bien dire que l’aménagement des horaires, le télétravail sont deux points sur lesquels l’entreprise peut être crédible.

Dernier point de bon sens concernant la crédibilité de l’entreprise : qui mieux que les aidants savent les modalités d’aménagement d’horaire ou de télétravail qui leur seraient utiles ?

Si l’entreprise fait appel à ses propres salariés-aidants pour voir comment mettre en place une politique RH efficace concernant les modalités spécifiques utiles aux aidants, c’est un gage majeur de crédibilité. Robert S.

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3 commentaires

  1. Je crois qu’il faudra encore beaucoup de temps avant qu’un salarié ose annoncer qu’il va s’occuper désormais de son conjoint malade ou de son parent alzheimer ou atteint du cancer, et que pour cela, il a besoin d’aménager ses horaires ou qu’il ne sera plus là désormais telle matinée ou tel après-midi. Il faudra beaucoup de temps, comme il a fallu beaucoup de temps pour que les femmes aient leurs droits reconnus pour s’occuper de leur enfant.

  2. Administrateur Aidants en Mouvement le

    Bonjour Respect, et bonjour Robert S,
    Il faut effectivement que le contexte devienne "favorable" aux Aidants pour que ces derniers soient incités à exprimer leurs besoins. Dans un contexte hostile, chacun conserve pour soi ses problèmes. C’est presque une lapalissade que de dire qu’un contexte bienveillant est plus incitatif pour exprimer ses difficultés… Comme vous le dites Respect, il faudra peut-être du temps, mais en publiant dans la rubrique "Actus" le nouveau droit des Aidants dans la province de l’Ontario (Canada), nous nous disions que tout évolue ! mais tout évolue mieux et plus vite si l’on maintient l’attention des pouvoirs publics sur la question des Aidants…

    • Une bonne manière de maintenir la pression est que les journaux fassent des articles sur les entreprises pionnières en France pour aider leurs aidants. Il y en a, comme Danone, Crédit Agricole Assurances, Casino, l’Oréal et sûrement bien d’autres. Et il faudra aussi que les journalistes interviewent les salariés-aidants eux-mêmes. Il y a souvent un écart important entre ce que les salariés constatent de la réalité des aides proposées par les entreprises, et les DRH de ces mêmes entreprises qui se vantent parfois d’aides qui n’ont aucun sens concret pour les aidants.

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