• 07 JUIL 15
    • 17

    Droit au répit ? Attention à la possible désillusion !

    PICTO JFF

    « Tous les aidants pourront recevoir aide 500€/an (modulé selon revenus) si ils en font la demande». C’est ce qu’a écrit notre ministre Laurence Rossignol le 16 mars en réponse à un twitt sur le « droit à répit » prévu dans le projet de loi (1) et le nombre des aidants qui pourraient en bénéficier.

    Ce droit à répit introduit dans le projet de loi est une avancée au bénéfice des aidants, cela ne fait aucun doute, et tout le monde doit s’en féliciter. Mais ce ne seront pas les 8,3 millions d’aidants qui pourront en profiter, ce seront quelques dizaines, ou au plus cent à deux cent milliers d’aidants qui seront ces « heureux » élus. L’explication tient en trois points « simples » :

    1. D’abord, en attachant le droit à répit à la personne aidée bénéficiaire de l’APA à domicile et pas à l’aidant, nous passons du total des 8,3 millions d’aidants à 720 ou 730 000 aidants potentiellement éligibles. 720 ou 730 000 est le nombre des personnes aidées bénéficiaires de l’APA à domicile.

    2. Si les équipes médico-sociales privilégient d’abord les personnes aidées classées en GIR1 ou GIR2, cela réduira cette fois-ci autour de seulement 140 à 150 000 le nombre des aidants potentiellement éligibles au répit.

    3. Et si d’aventure, le décret d’application stipule que seuls les plans au plafond sont à prendre en considération pour l’attribution d’un droit à répit, le nombre des aidants potentiellement éligibles se réduira alors à 53 000.

    Il faut espérer que le chiffre le plus bas ne sera pas LE chiffre réel des aidants qui en bénéficieront, mais il est important que les politiques et aussi les associations d’aidants et les associations militant en faveur des aidants prennent le temps de bien expliquer le mécanisme de l’éligibilité au droit à répit.

    Et il sera important que les associations d’aidants ou les associations militant en faveur des aidants expliquent tant aux personnes aidées qu’aux aidants la manière de bien préparer leur évaluation et le besoin de répit qui leur parait nécessaire.

    Jean-François Ferrant

    (1)L’article instituant le « droit à répit » dans l’actuel projet de loi s’énonce ainsi :
    « Art. L. 232-3-2. – Le proche aidant d’un bénéficiaire de l’allocation personnalisée d’autonomie peut avoir droit, sans préjudice du plafond mentionné à l’article L. 232-3-1, à des dispositifs répondant à des besoins de répit. Ces dispositifs, qui doivent être adaptés à la personne aidée, sont définis dans le plan d’aide, en fonction du besoin de répit évalué par l’équipe médico-sociale lors de la demande d’allocation, ou dans le cadre d’une demande de révision, dans la limite d’un plafond et suivant des modalités fixées par décret.

    Postez un commentaire
  • Classé dans frédérique on 8 juillet 2015, 16 h 45 min

    Un ami bien informé au sein de l’Assemblée Nationale dit que certes, la deuxième lecture est bien envisagée au début de la session extraordinaire de septembre, mais que rien n’est jamais certain. D’abord, parce que le texte devait passer à la session de juillet, les députés le savaient il y a deux mois, et finalement, cela n’a pas été le cas. Ensuite, parce que septembre est loin, et tant de choses peuvent venir imposer un ordre du jour d’ici là. Par exemple, cet après-midi, la question grecque s’impose aux députés et chamboule l’ordre du jour prévu.
    La seule chose certaine en définitive: l’audition ce matin de la ministre 🙂 et le rapport de la Commission des affaires sociales le 15 juillet, la semaine prochaine.

    Répondre
    • Classé dans princesserouge on 9 juillet 2015, 12 h 49 min
      in reply to frédérique

      C’est bien triste tout cela! On le saura quand si la deuxième lecture se passe bien début septembre ?

      Répondre
    • Classé dans frédérique on 9 juillet 2015, 15 h 20 min
      in reply to princesserouge

      Lorsque le décret indiquant l’ordre du jour de la session extraordinaire de septembre sera publié, sans doute la première quinzaine d’août. Jusqu’à la parution de ce décret, difficile ou même impossible d’affirmer quoique ce soit.

      Répondre
  • Classé dans kataidante on 8 juillet 2015, 10 h 18 min

    .. merci de cet éclairage!!! il faut ajouter à cela "ceux des 53 000 éligibles QUI EN FERONT LA DEMANDE" il y a fort à parier qu’étant donné le peu de relais dont bénéficie la loi ASV par les médias grands publics, seule une petite fraction de ces 53 000 aidants obtiendra bien cette aide faramineuse de…. 500€.
    tout est dans la formulation en 140 caractères… "Tous les aidants qui en feront la demande…"

    Répondre
    • Classé dans Jean-François on 8 juillet 2015, 14 h 19 min
      in reply to kataidante

      Peu de relais de la part des journaux, ou même relais seulement autorisé dans les termes du gouvernement via AFP… Les associations d’aidants n’ont semble t-il pas d’adhérents ou de relais. Les associations de patients pourraient déjà constituer un relais plus crédible. Restent les réseaux sociaux. Et les sites comme ici. Est-ce que cela représente 53000 aidants potentiellement touchés ?

      Répondre
    • Classé dans Jean-François on 8 juillet 2015, 14 h 23 min
      in reply to kataidante

      J’oubliais, mais c’est un oubli qui en dit long, que les associations d’aides à domicile pourraient être tout autant un relais de ces dispositions sur le répit. Elles touchent a priori les 720000 bénéfiaires de l’APA à domicile, donc les 53000 bénéficiaires APA en GIR et en GIR2. Ce sera intéressant de voir comment ces associations d’aides à domicile et les prestataires non associatifs également se conduiront. Il me semble que pour l’instant, leur seule réelle préocupation est le simple ou double agrément, et les subventions de l’Etat pour se tenir à flot.

      Répondre
  • Classé dans Respect on 7 juillet 2015, 17 h 08 min

    Je voulais dire aussi chapeau pour le dessin, il est clair lui aussi ! Il ne faut pas s’étonner que quelqu’un s’empresse de se servir d’essence "aidants" quand il lui faut payer une aide à domicile !

    Répondre
  • Classé dans Respect on 7 juillet 2015, 17 h 04 min

    C’est terrible de voir comment des phrases lancées par les politiques peuvent induire en erreur. Jamais TOUS les aidants n’auront un droit à répit, on le dit depuis le début! Ni d’ailleurs forcément le plafond de 500 euros ! C’est terrible aussi de voir que les associations d’aidants ne réagissent pas plus pour crier ou mettre en garde. Triste en effet ces associations "dites" d’aidants.

    Répondre
  • Classé dans Jean-François on 7 juillet 2015, 16 h 08 min

    Merci la Maison des aidants d’avoir publié ce billet d’humeur. Nous vous proposeront un autre billet d’humeur lorsqu’avec quelques amis nous aurons en quelque sorte fait une fiche "conseil" pour les aidants, comment le mieux pouvoir préparer la visite d’évaluation et comment obtenir un droit de répit.

    Répondre

Postez un commentaire

Cancel reply