Le soutien des salariés-aidants par l’entreprise

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Quel modèle vous semble le mieux répondre à vos besoins ?

 

* Vous pouvez au préalable prendre connaissance du dossier que nous avons constitué sur le thème des salariés-aidants. (page L’Aidant face à … Cliquer sur « son double rôle de salarié-Aidant »)

Même si elles sont encore rares, des initiatives d’entreprises existent pour soutenir les salariés-aidants. Et l’on pourrait schématiquement classifier ces initiatives selon trois modèles :

  • L’externalisation du soutien aux salariés-aidants vers une plateforme de services (l’exemple type est celui de Bayard, Danone et des plateformes Responsage ou Domplus)
  • L’extension des dispositifs de droit commun : dons de RTT, congés de présence parentale étendu à tout membre de la famille, flexibilité d’horaires, aménagement du temps de travail, attention spécifique portée par le service d’action sociale de l’entreprise aux salariés concernés, conversion du Compte Epargne-Temps, soutien financier ciblé… (Les exemples sont plus nombreux : Air-France, Groupe La Poste,
    Groupe Macif, Casino… et les modalités de soutien varient en fonction de l’entreprise)
  • L’activation d’un réseau de solidarité interne à l’entreprise : l’entreprise suscite l’émergence d’un soutien solidaire entre pairs-aidants.
    C’est une démarche de co-construction de solutions, qui part de la base et qui est dans une dynamique créative, puisqu’il n’y a pas de solution proposée a priori, contrairement aux modèles précédents.
    On trouve un exemple type de ce modèle aux Etats-Unis, à travers celui de la société Kimberly-Clark.

Voici quelques questions lancées pour initier le débat :

  1. Reconnaissez-vous dans ces modèles le soutien dont vous auriez besoin en tant que salarié-aidant ?
  2. Avez-vous des témoignages à apporter sur leur fonctionnement si vous en avez expérimenté un ?
  3. Quels avantages et inconvénients voyez-vous dans chacun de ces modèles ?
  4. Selon le modèle, le salarié-aidant a :
  • un rôle plutôt  d’utilisateur  : il utilise les services ou solutions proposés (plateforme, possibilités supplémentaires offertes par l’entreprise)
  • un rôle plutôt d’acteur  : il est partie prenante de la recherche de solutions, pour lui-même et pour les autres (exemple de Kimberly-Clark)

    5.  Les deux logiques s’opposent-elles ou l’idéal est-il dans la combinaison des modèles ?Et dans la petite entreprise ? Quelle forme le soutien aux salariés-aidants pourrait-il prendre ?

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53 commentaires

  1. je ne suis pas très à l’aise sur votre présentation car mon ressenti, c’est que vous opposez en quelque sorte chacun des trois modèles. Pour ma part, une entreprise qui offrirait les 3 modèles et l’aidant choisit ce qui lui convient le mieux serait "idéal". L’initiative qu’on peut prendre en tant qu’aidant est tellement liée à notre propre caractère, aux relations qu’on avec l’équipe où on est, avec notre chef. J’ai mon franc-parler, mais j’ai vu que cela ne changeait rien: une aide de l’entreprise ? rien. Une idée que je trouve utile pour l’entreprise ? Rien, dégagez, il n’y a rien à voir, on a pas besoin de vous. Côté mon entreprise, on fait "beaucoup" (c’est les gens du marketing qui le disent, mais ils sont silencieux sur les aides réellement utilisées par les clients) pour ceux des clients qui sont aidants. Mais de là à penser que cela puisse aider les propres salariés de l’entreprise: un gouffre béant…
    Je ne propose rien dans votre débat, j’en suis consciente, mais plus il y a de possibilités ouvertes aux salariés-aidants dans l’entreprise, mieux c’est.

    • Administrateur Aidants en Mouvement le

      Bonjour Respect,
      Vous dites que vous ne proposez rien dans le débat… Mais ce que vous dites est bel et bien l’expression d’une proposition! Lorsque vous dites que l’idéal serait une combinaison des trois modèles, vous exprimez très bien le besoin que vous ressentez en tant que salarié-aidant!
      Les trois modèles que nous avons dégagés des expériences ne s’opposent pas nécessairement, mais les initiatives prises par quelques entreprises s’orientent le plus souvent vers un type de soutien plutôt que vers un autre…nous n’avons pas encore d’exemples d’une politique d’entreprise qui soit "multiforme".
      Merci Respect pour cette contribution. L’on vous sent un peu désabusé sur ce thème car vous semblez avoir une expérience négative en terme de soutien de l’entreprise. Et c’est justement pour cela qu’il faut "porter" la question des salariés-aidants, pour faire avancer leur cause, et surtout pousser à ce que l’entreprise se sente concernée.
      Donc encore merci de vous être exprimé.

      • Oui, je suis désabusée, quand je vois le double langage de l’entreprise où je suis (c’est un assureur qui plus est "mutualiste"), qui dit qu’il faut aider les gens, mais où à l’intérieur, il n’y a pas de respect des salariés. Alors oui bien sûr, tout n’est pas épouvantable dans mon entreprise, c’est surtout que les idées que tel ou tel peuvent avoir ne sont pas prises en compte, c’est que la situation de tel ou tel n’est pas prise en compte si le chef direct ne veut pas bouger. Il n’y a pas de respect pour les salariés, il n’y a pas plus de respect pour les sociétaires (les clients) sur le fond. On est de plus en plus de collègues à nous sentir démotivés parce qu’entre ce que notre boite "dit" et ce qu’elle fait, c’est l’écart de plus en plus grand. Là où je m’insurge, c’est pas que des idées que je peux proposer ne soient pas retenues, c’est qu’elles ne sont même pas examinées. Si je propose quelque chose qui est dans le marketing, on me répond que je ne fais pas partie du marketing, que le marketing sait ce qu’il a à faire. Si je propose quelque chose à la drh, on me répond que la drh sait ce qu’elle a à faire. Et bien, tenez vous bien, il y a même un groupe au sein de mon entreprise qui doit être mis en place pour voir comment être plus collaboratifs au sein de l’entreprise. On va payer une fortune aux consultants chargés d’animer ce groupe. Et à la fin, rien n’en sortira sans doute, faute que chaque responsable ou grand responsable de service ou de direction veuille changer.
        Là, oui, je suis désabusée entre les grandes affirmations et l’absence de confiance à chaque salarié de l’entreprise.

      • Robert Salaison le

        Je crois que plusieurs entreprises du CAC40 proposent à la fois l’extension de droits en interne, et le support de plateformes et soutiens extérieurs. Je crois notamment que le Crédit Agricole Assurances, Casino, Macif sont des sociétés alliant ces deux modèles. En revanche, en effet, je ne crois pas qu’il y ait encore d’entreprises qui aient mis en place l’activation d’un réseau interne de soutien par des pairs aidants. Avec un ami, nous travaillons sur cette idée, mais ce sera un long chemin pour qu’une telle mise en place se fasse. Il faudra à la fois l’appui de la DRH et des partenaires sociaux, il faudra aussi la volonté, j’allais dire le courage, de salariés-aidants prêts à se mettre en avant pour aider des collègues.

        • Vous voyez, Robert, s’il faut du "courage" pour un salarié-aidant à se mettre en avant dans son entreprise pour des aspects qui concernent l’aide à un proche, pour moi, cela veut dire que l’entreprise est à ses yeux un environnement hostile, à commencer par le chef direct, mais sans doute aussi, la DRH.
          Donc il y a quelque chose d’étonnant dans le fait qu’aucune entreprise n’ait déjà les 3 modèles, ou au moins deux dont un forcément étant l’activisme de pairs aidants au sein de l’entreprise. Je ne sais pas ce que vous pensez de ma remarque, mais cela me semble naturel.

          • Respect, je vous rejoins sur ce que vous dites. La "chose naturelle", SI (et avec un grand SI) l’entreprise affiche clairement sa volonté d’aider ceux parmi les salariés qui sont des aidants d’un proche dépendant, ceux qui sont aidants devraient se mettre en avant, surtout si cela peut en aider d’autres. Je n’ai jamais vu d’aidants qui étaient indifférents à d’autres aidants. Quand nous pouvons nous entraider, nous le faisons (dans la limite de nos moyens, c’est-à-dire de notre temps). Ma conclusion: quand il n’y a pas d’entraide au sein d’une entreprise entre aidants, cela veut dire que les aidants ne se sentent pas aidés par l’entreprise.

          • Robert Salaison le

            Merci Respect et Liliane pour vos commentaires. Je parle de courage quand même, indépendamment des preuves que donne l’entreprise. Je pense à un cas, la personne est courageuse, il n’y a aucun doute là, l’entreprise n’est ni hostile, ni vraiment avenante, le chef direct de cette personne et elle ne s’entendent pas, mais je pense qu’elle se dit qu’elle ne peut pas prendre EN PLUS cette responsabilité d’animer des aidants au sein de l’entreprise, parce que c’est du temps, c’est du temps pour les autres aidants, mais aussi pour ceux qui ne sont pas aidants et qui vont lui demander pourquoi elle fait ça, etc. Je suis en train d’essayer de bien comprendre la cas de cette société américaine, Kimberly Clarck, cette notion de bénévolat, et voir si cela serait transposable. Toutes vos idées sont les bienvenues!

    • Robert Salaison le

      C’est une des parties justement que je suis en train de travailler, ce que signifie en temps le fait qu’un groupe d’aidants s’entraide ensemble au sein de l’entreprise. Mais animer, c’est du temps, je peux vous le garantir pour avoir animé des réseaux de correspondants assurance dans mon passé professionnel! Beaucoup de temps pour donner de l’information, vérifier que l’information est bien comprise, qu’elles est éventuellement bien relayée. Et quand un correspondant m’appelait, cela pouvait être une conversation d’une demi-heure, d’une heure. Animer, croyez-moi, c’est énormément de temps !

  2. Je crois que dans la loi Autonomie qui vient d’être votée au Sénat, il y a une possibilité de fractionner son congé parental, il faut que j’aille voir cela en détail, mais cela peut être une bonne chose pour les salariés-aidants

  3. Robert Salaison le

    Il y a eu un amendement adopté par les sénateurs à l’instant qui semble assouplir positivement le congé de soutien parental pour les salariés-aidants en entreprise:

    Cet amendement transforme le congé de soutien familial en congé de proche aidant. Il a pour objet de favoriser le recours à ce type de congé par les aidants de proches âgés dépendants, et au-delà aux aidants de personnes handicapées.
    Tout en maintenant l’insertion professionnelle du salarié aidant, il lui permet en effet de consacrer du temps à l’aide d’un proche dépendant ou handicapé.
    Il élargit plus précisément les bénéficiaires de ce type de congé aux aidants des personnes âgées ou handicapées placées en établissement ou chez un tiers autre que le salarié ainsi. Un élargissement aux personnes aidées classées en GIR 3, selon la grille nationale AGGIR, sera opéré dans le cadre des dispositions d’application.
    Il ouvre aussi le champ des personnes aidantes bénéficiaires aux proches aidants qui ne sont pas membres de la famille de la personne aidée.
    Il instaure également la possibilité, au salarié, de transformer le congé en période d’activité à temps partiel. De plus, il assouplit les modalités d’utilisation du congé en permettant son fractionnement.
    Il bénéficie ainsi aux aidants dans la mesure où il favorise une conciliation souple des temps d’aide familial et des temps de travail, ceci bénéficiant in fine aux proches dépendants.

    • Je ne sais pas ce que vous en pensez, Robert, mais cet article 36 bis additionnel est une reconnaissance réelle de la situation d’aidants pour ceux qui ont une activité salariée. Il y a une sacrée avancée dans cet article. Aucune DRH, aucun partenaire social ne peut ensuite faire la sourde oreille aux demandes des salariés-aidants qui demanderont de passer à temps partiel.

      • Robert Salaison le

        Je suis totalement d’accord. J’y vois deux avantages considérables :
        . d’une part, il officialise dans le Code du travail le terme d’aidant, et l’ensemble des salariés-aidants pourront désormais se référer à cette définition quand ils envisagent des aménagements d’horaires ou de conditions de travail en raison de leur rôle d’aidant ;
        . d’autre part, il assouplit les modalités du congé de soutien familial connues jusqu’à maintenant, en permettant désormais au salarié-aidant de fractionner ce congé et de l’utiliser le cas échéant comme moyen de passer à temps partiel de manière souple.

        Si le texte n’est pas réduit après le nouveau passage à l’Assemblée Nationale, cet article 36 bis va faire avancer les choses dans les entreprises, et à tout le moins, cela permettra aux aidants d’avoir une base solide à laquelle se référer pour adapter et trouver les meilleurs aménagements possibles pour concilier travail et rôle d’aidant.

        • J’ai moi-même été très surprise en voyant cet amendement. Si je comprends, il a été introduit en séance, il n’était pas prévu avec la Commission des affaires sociales. A mon avis, il va falloir croiser les doigts pour qu’il soit maintenu maintenant avec la deuxième lecture qui commence à l’Assemblée. Le gouvernement avait dit que c’était aux partenaires sociaux de revoir le congé de soutien familial, mais là, c’est le législatif qui a envoyé son boulet de canon… Tant mieux ceci dit, au moins cela peut faire avancer les choses. Je vais tester ma DRH sur cette ouverture…

        • Ce qui m’amène à une seconde question: on va voir si les syndicats et les organisations du patronat commentant cet article sur l’évolution du congé de soutien familial en congé de proche aidant! C’est quand même un changement important, cela oblige à prendre en considération les demandes de tous les salariés-aidants, cela concerne 4 millions de salariés quand même!

  4. Je crois qu’aucun modèle est parfait, parce que chaque cas d’aidant est unique et particulier, on ne sait jamais vraiment ce qui peut nous tomber sur la tête le lendemain, et l’entreprise peut pas s’ajuster par rapport à cette INCERTITUDE permanente. Même le plus compréhansif des responsables directs ne peut pas commander son équipe avec des absences peu ou pas du tout prévues.Et puis les collègues à la fin se lassent, et je les comprends. Mon chef dans l’équipe, il a tenu une fois une réunion avec toute l’équipe, mais il n’a jamais plus tenu de réunions pour dire ce qui se passait, et comment on pouvait s’arranger pour m’aider. Il ne me demande même plus comment je vais. C’est comme cela que l’aidant se sent de plus en plus coupable de ne plus être membre de l’équipe comme avant. J’avoue que je n’ai pas la solution. Je pense que tout le monde fait pour le mieux, mais c’est difficile pour tous.

  5. Je crois que je ne suis pas la seule personne qui travaille dans une mutuelle d’assurance, mutuelle d’assurance qui dit à ses sociétaires qu’elle peut les aider en tant qu’aidants, mais qui ne fait rien ou si peu pour ses propres collaborateurs qui sont en même temps aidants. C’est triste et en fait révoltant. Alors je n’ai pas d’autre choix que de recourir aux arrêts maladie. J’aurais voulu pouvoir travailler avec la compréhension de mon chef mais ce n’est pas possible. Comme ils ne peuvent rien faire contre les arrêts maladie, ils sont bien obligés d’accepter. Mais c’est une fracture de la confiance, et cette dernière ne se refermera jamais.

  6. je travaille dans une grosse entreprise dans un service administratif et nous sommes sur une plateforme, il n’y a pas moyen de téléphoner comme cela devant les autres collègues, et notre temps nous ait compté. Une fois rentrée chez moi, il y a toutes les obligations, mon mari, ma famille et ma mère que je dois aider. Et le we, bien évidemment, les centres d’aides sont fermés. Alors ? Alors je prends sur mon temps de déjeuner, ou bien je fais un arrêt travail. Mon entreprise n’en a rien à faire de nos situations personnelles, et je pense que même, nous déclarer aidantes serait à notre détriment. J’en ai la conviction.

  7. J’ai oublié de préciser aussi quelque chose: il n’y a pas de site intranet sur lequel nous pouvons nous connecter. Si on a besoin d’un renseignement, il faut aller voir la direction des ressources humaines.

  8. A l’école, on nous a tous appris en algèbre que + multiplié par – donne -.
    C’est comme ça, et si on applique à l’entreprise, il faut deux choses à la fois: il faut que notre responsable d’équipe soit prêt à nous aider, et il faut que les RH soit prêt à nous aider. Si un seul des deux est favorable, et l’autre défavorable, c’est foutu, et il n’y aura aucune crédibilité et confiance du salarié-aidant. Moi dans mon cas, mon responsable aujourd’hui est hostile à tout ça, il ne veut pas en entendre parler, alors je sais que ce n’est pas mon intérêt à lui en parler.

  9. Dans mon entreprise, nous pouvons appeler une plateforme d’assistance qui est spécialisée sur l’aide aux aidants. C’est que dit notre direction des ressources humaines et c’est ce qu’on peut lire sur le site de cet société d’assistance. Je peux vous dire que je ne suis pas prête à appeler une seconde fois. D’abord, il faut passer 5 bonnes minutes à expliquer quel est le numéro de notre contrat, et le fait de dire que j’appartiens à la société X ne suffit pas. Ensuite de quoi, passablement énervée, j’ai expliqué ce que je recherchais. D’abord, on m’a répondu des banalités, puis comme je commençais à dire que je voulais parler à un responsable qui sache de quoi il s’agit, j’ai eu une assistante sociale. A la fin des 20 minutes, jai mis moi-même fin à l’entretien. L’assistante sociale était de bonne volonté, pas de doute, mais la bonne volonté ne suffit pas. Et qu’est ce que j’en déduis ? Que notre direction des ressources humaines n’a pas fait de recherche sérieuse si le prestataire qu’on nous met en face est de qualité. Je n’ai pas écrit sur papier à la direction des ressources humaines, parce que nos appels sont supposés être anonymes vis-à-vis de notre entreprise. Je suis bien contente finalement de pouvoir décrire ici ma déception. Aider des aidants c’est répondre concrètement, c’est répondre avec des faits, c’est avoir les numéros de téléphone ou les liens internet à donner tout de suite en fonction de ce que nous demandons. Sinon, on a plus vite fait d’aller sur le site d’Agevillage ou équivalent, on a la totalité des conseils et prestataires possibles, et on se débrouille à partir de là. C’est pas glorieux, mais au moins, il ‘y a pas de déception à attendre.

  10. Je pense "tout haut", mais pourquoi des associations d’aidants ne mettraient pas leurs moyens et connaissances au service d’aidants dans une entreprise qui souhaitent créer un environnement plus favorable aux salariés-aidants ? Il y a des dons qui sont déductibles pour les entreprises, alors tout le monde est gagnant non ?

  11. Je viens de voir ces informations sur un forum auquel je participe:
    Il s’agit de recommandations à l’intention des employeurs :

    . aménagement des horaires de travail de manière à permettre aux aidants naturels de s’acquitter des tâches qui leur demandent du temps, comme l’aide aux soins de santé et l’assistance apportée au quotidien;
    . programmes d’aide aux employés (PAE) et programmes d’aide aux employés et à leur famille (PAEF) plus complets afin de leur permettre de composer avec la nécessité, exigeante sur le plan émotionnel, d’offrir un soutien à leurs parents âgés;
    formations ayant pour but de sensibiliser la direction à l’importance de cette question;
    . séminaires à l’intention des employés afin de les aider à gérer la pression psychologique inhérente au rôle d’aidant naturel;
    . congés avec et sans solde;
    . réseaux de soutien en milieu de travail pour les aidants naturels;
    . formation en gestion de crise et de projet.

    L’étude et ces recommandations sont sur le lien suivant http://www.desjardinsassurancevie.com/fr/a-propos-nous/Documents/RapportDuxbury-FRA-Short-Web.pdf

    • Pascal Jannot le

      Bravo Emilie! Cette étude est canadienne mais tout à fait intéressante aussi pour nous. Nous allons lui donner de la visibilité sur le site et sur la page FB.
      D’autant que pour la France, les sources sur les salariés-aidants sont rares. Les résultats du sondage de la Macif sont maintenant connus mais ne permettent pas une approche aussi fine

  12. d’abord, mon premier commentaire est bravo, bravo pour lancer vos débats, bravo pour laisser la parole aux gens concernés eux-mêmes. ensuite, mon commentaire au débat est le suivant: il faut être deux pour que les choses avancent, pour qu’une solution soit trouvée. je me disais: moi, je sais ce qui peut m’arranger, mais ce qui m’arrange n’arrange pas forcement mon chef direct. et si mon chef direct ne veut pas, quelquesoit les raisons, rien ne bougera pour moi. et puis, même si mon chef est prêt à m’aider, il y a aussi la boite, les RH, si elle veut rien faire, rien ne se fera, rien ne bougera pour moi. et ma dernière pensée, c’est pour le conseil que j’entends souvent: "rien à perdre à essayer". et bien moi, je pense qu’on a quand même quelque chose à perdre si on se lance sans chance de succès, parce que quand on se lance, on fait forcément peur aux gens qui ne veulent rien faire.

    • Bonjour Rebelle, joli pseudo ! Vous devriez écrire un billet d’humeur sur ce site en reprenant vos idées ou en les développant. Je pense que c’est très important que tout le monde puisse lire ce que vous dites car ce que vous dites est très vrai: pour que les choses bougent dans une entreprise, il faut être au moins deux: celui qui veut que ca bouge, et celui qui a les moyens de faire en sorte que les choses bougent.

    • Pascal Jannot le

      Bonjour Rebelle,
      Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que le "Rien à perdre à essayer" ne fonctionne pas dans le cas des salariés-aidants, tout comme le "qui ne tente rien n’a rien"… Comme vous l’exprimez très bien il faut qu’il y ait un vrai système qui se crée au sein de l’entreprise, faute de quoi on ne peut assister qu’à des initiatives ponctuelles… et souvent décevantes. C’est bien pour cela que dans le cadre du Cif-Aidants, nous proposons aux entreprises une approche globale de soutien aux aidants. Cette approche peut être différente en fonction du contexte de l’entreprise, mais il doit toujours y avoir une approche "système". S’il ne se sent pas soutenu par un système cohérent et transversal dans l’entreprise, alors oui le salarié-aidant peut tout à fait considérer qu’il a plus à perdre qu’à gagner à évoquer ses problèmes auprès de sa hiérarchie.

      • Merci Pascal, je crois que vous avez beaucoup mieux exprimé que moi pourquoi tant d’aidants hésitent avant de demander de l’aide dans l’entreprise. dans mon entreprise, c’est compris par tout le monde que la DRH ne veut rien faire pour les aidants. c’est compris par les aidants, et donc c’est compris aussi par nos responsables directs. c’est triste que rien ne puisse se faire parce que certains bloquent à leur niveau en sachant très bien pourquoi ils bloquent. des amies sur un forum m’ont recommandé d’écrire un billet d’humeur, mais j’hésite encore

        • Je ne sais pas comment je peux t’aider, mais je me sens tellement proche de toi dans ce que tu dis sur notre situation d’aidant quand nous travaillons dans une boite…Ecris ton billet, vraiment, ecris le, et puis on commentera. Ne te croit pas obligée de tout couvrir sur le sujet des aidants qui sont en même temps salariés, écris juste ce que tu ressens, là, tout de suite, en tant que salariés-aidant.
          Et puis si tu veux, je peux aussi te montrer comment je ferais… Je peux écrire un premier billet, et puis tu en écriras un juste après ?

        • administrateur Aidants en Mouvement le

          Bonjour Rebelle,
          Nous ne pouvons que vous encourager à écrire un billet d’humeur! Plus les Aidants s’ exprimeront et plus les choses évolueront. C’est bien parce qu’il n’y a pas de forces représentatives des Aidants qu’il existe tant de situations telle que la votre!
          Alors même si vous exprimer ne résoud pas immédiatement votre problème, vous contribuez à faire avancer la cause des Aidants. Ce site sert à cela. Bonne journée.

  13. J’ai lu que le site de risques psycho-sociaux LACT, qui avait ouvert une page pour que les aidants salariés puissent s’exprimer, je crois que c’était en fin d’année dernière, et bien LACT a refermé cette page, et on n’y a plus accès. J’y avais écrit. Je trouve ça fort de café. Personne de LACT ne m’avait encouragé pour mettre d’autres témoignages vécus, ou d’inciter d’autres salariés-aidants à s’exprimer, et là, je vois qu’en lus, personne à LACT n’a jugé utile de me prévenir qu’ils allaient fermer leur page "ouverte". C’est en dire long sur la "psychologie" de ce cabinet de soutien psychologique …

  14. Robert Salaison le

    Je recommande à tout le monde la lecture de cet article du sociologue Serge Guérin:
    http://www.senioractu.com/Faire-du-soutien-aux-aidants-un-enjeu-pour-les-entreprises-chronique-de-Serge-Guerin_a18070.html
    Il y cite en particulier l’expérience de l’entreprise américaine Kimberly : "Les groupes de pairs à l’initiative de salariés aidants devraient se développer dans les années à venir. C’est le cas chez Kimberly Clark, aux Etats-Unis où des salariés aidants se sont organisés pour se conseiller et se soutenir. "
    Et une bonne remarque sur le "futur" congé de proche aidant proposé par le Sénat: "Un des points de progrès viendra, à terme, de l’élargissement du congé de soutien familial aux aidants. Cela permettrait, par exemple, à des aidants de pouvoir passer à mi-temps pour aider un proche. ". Ce sera sans doute un point de bataille sur le texte définitif de la loi AVS.

  15. La "bonne nouvelle", c’est qu’apparemment les députés vont adopter eux aussi la proposition faite par les sénateurs de modifier le congé de soutien familial en congé de proche aidant, avec l’introduction de la définition de l’aidant dans le Code du travail, et des modalités beaucoup plus flexibles pour les salariés aidants qui voudront utiliser ce "droit" à congé…

  16. Je pense qu’il est très intéressant de verser dans ce dossier deux documents:
    . d’abord celui écrit par RobertS. "Faire pour ou faire avec" http://www.lamaisondesaidants.com/2015/10/07/faire-pour-ou-faire-avec/
    . et ensuite, celui de Responsage:
    http://www.aidant.info/aidant-salarie-1999/etude-2015-sur-les-salaries-aidants-de-proches-ages-a36702.htm
    Un troisième document sera à verser au dossier, quand les chiffres de l’enquête Macif sur les salariés-aidants seront publiés et lisibles facilement donc

  17. Robert Salaison le

    Maintenant que la loi ASV est passée, avec l’instauration du soutien de proche aidant en lieu et place du congé de soutien parental, les entreprises ont l’opportunité et la responsabilité de faire passer cette information à l’ensemble de leurs salariés. Rappelons qu’il y a environ entre 15 et 20% des salariés dans les entreprises qui sont en situation d’aidants.

  18. Je viens de lire une bonne question sur un autre forum qui traite aussi des salariés-aidants. La question est la suivante: qu’est ce qui coûte moins cher aux entreprises ? nier le phénomène des salariés-aidants et ne rien faire ? ou contraire, le reconnaitre, et accompagner ces salariés-aidants ?

    • Bonjour Lidia,
      Cette question est effectivement
      importante et "pertinente"
      De mon point de vue, elle rejoint celle du fonctionnement générale de nos institutions.
      Même si l’on sait que les effets de telles ou telles orientations seraient largement bénéfiques et
      engendreraient des économies à
      moyen et long terme, pour de multiples raisons ( investissements financiers , choix sociétales etc …) c’est la "politique" du court terme qui globalement, me semble -il, reste de mise.

    • Bonjour Lidia, ta question est bonne. Va sur l’autre forum, tu verras que des réponses sont en train d’être construites 🙂 🙂 Et tu pourrais sûrement y contribuer. On a dit aussi qu’on allait proposer le texte ici 🙂

  19. Finalement, quelles entreprises mettent clairement sur leur intranet à destination des salariés une rubrique aidants ?
    Une rubrique aidants expliquant les difficultés de la conciliation entre le travail et le rôle d’aidant, et les aides ou pistes recommandées dans ce cas aux aidants ?

  20. Bonjour Louis, je vous remercie pour ces deux liens. Je ne connaissais pas Formell, mais j’ai entendu parler de Responsage. Il y a aussi Jurissanté que Casino utilise et qui donne des conseils. Et puis il y a le coaching d’aidants qui est proposé ici. Je ne sais pas si c’est le même type d’intervention que Formell.

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