MERCI DE NE PAS GALVAUDER LE MOT AIDANT

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Je ne sais pas si ce sont tous les articles, reportages ou les mesures annoncées par les instances gouvernementales mais je trouve que beaucoup de personnes se disent «aidant » sans en connaitre la vraie étymologie de ce mot .

En effet dans ma vie de tous les jours que ce soit dans les hôpitaux, dans les salles d’attente des administrations voire même au sein d’associations, je rencontre beaucoup de personnes se qualifiant « d’aidant » prétextant qu’elles doivent faire de temps en temps les démarches administratives pour un de leur proches , voire leurs courses une fois par semaine etc etc.

Pour moi «l’aidant (e) » c’est une personne qui tous les jours assiste une personne dépendante , conciliant (Quand elle peut) son travail et l’aide , c’est la mère qui au quotidien se bat pour que son enfant malade ou handicapé puisse vivre dignement , c’est le ou la conjointe qui fait tout pour que son époux (se) supporte sa maladie. Généralement ces personnes n’ergotent pas en société en se qualifiant « d’aidant » !

Alors pourquoi ne pas faire une grille GIR pour les aidants comme pour la dépendance ?

Jean-claude

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7 commentaires

  1. Permettez-moi, Jean-Claude de ne pas être d’accord.
    Je comprends parfaitement votre réflexion, tous les aidants ne sont pas logés à la même enseigne, mais TOUS aidants malgré tout. On ne va pas commencer à classer, catégoriser les aidants. Nous sommes déjà bien assez "saucissonnés" comme ça !!! entre les aidants d’enfants, ceux d’adultes de moins de 60 ans et ceux d’adultes de plus de 60 ans, on a déjà bien assez de catégories. alors si en plus il faut inclure une autre sous catégorie en fonction du nombre d’heures accordées au proche non, on ne s’en sortira pas !!!
    de plus ces aidants dont vous parlez, qui n’aident que quelques heures soit pour des papiers, soit pour quelques courses, certes apportent une aide ponctuelle aujourd’hui mais qui vous dit que demain, ils n’aideront pas plus ? qui vous dit que leur proche ne verra pas son état s’aggraver et donc l’aide s’intensifier ?
    Et deux heures d’aide à un proche n’ont pas toutes le même impact sur le quotidien de l’aidant selon les situations. s’il faut faire 25 km pour les courses, s’il y a des tensions au sein de la famille, si le proche est plus ou moins conciliant, reconnaissant ou autre… Le "fardeau" ne sera pas ressenti de la même façon. (l’échelle de Zarit évalue l’impact de l’aide apportée sur l’aidant et cet impact n’est pas toujours fonction du nombre d’heures)
    Aucune situation n’est comparable, donc aucune n’est équivalente.
    Nous, aidants, avons déjà assez de mal à nous rassembler, à mutualiser nos efforts, à nous reconnaître collectivement, alors de grâce ne nous opposez pas davantage en nous sub-divisant en fonction de l’aide apportée.
    en page d’accueil de ce site il y a la définition COFACE de l’aidant. Tenons-nous en à cette définition.

  2. c’est vrai que les aidants , on commence à en parler et qu’est ce que veut dire aidant et comme on ne doit pas confondre amour et travail,à quel moment peut t’on se qualifier d’aidant ou juste parent rendant des services normaux de par la filiation.
    chaque cas est individuel,chaque pathologie auquel l’aidant doit faire face différente,chacun a sa sensibilité, une parenté de mari de d’épouse de fils de fille ,célibataire en couple en bonne santé ou plus ou moins malade.
    mais dans le cas où un jour l’aidant sera reconnu en tant que fonction et rénumerée il faudra établir une grille car je vois que de par ma propre expérience, je ne me nommais pas aidante l’année dernière pour des repas des courses mais maintenant que je suis présente 24h sur 24 je m’octroie ce statut en concordance avec un gir 2; et un véritable travail avec l’amour pour nos aînées et la dignité qu’il mérite.
    Effectivement il y a des différences d’investissement ce qui ne signifie pas qu’on est plus ou moins bon, plus ou moins d’amour mais c’est une réalité de fait et objectif.

  3. Personnellement, je suis assez partagée entre vos argumentations Jean Claude et celles de Kat.
    Marie Françoise, je vous rejoins sur votre questionnement.
    Kat je suis d’accord avec toi sur le «  saucissonnage » mais je suis aussi Ok avec vous Jean Claude
    sur le fait qu’il ne faut pas « galvauder » le terme «  aidant » .
    Il me semble avoir vu ou entendu quelque part que grand- parents qui s’occupaient de leurs petits enfants contribuaient aussi à une « aide informelle » .
    Dans la charte de la COFACE, outre « la définition de l’aidant », il y a un certain nombre de précisions qui, à mon sens, délimitent davantage ce que recouvre le terme « aidant »  :
    Notamment :
    «  …Le proche aidant ou aidant familial est donc cet homme ou cette femme, non professionnel, qui, par défaut ou par choix, vient en aide à une personne dépendante de son entourage…. »
    http://coface-eu.org/en/upload/07_Publications/COFACE-Disability%20CharterFR.pdf
    Pour moi, le souci reste qu’ assez souvent, avec ce terme comme avec d’autres ( Maisons de retraite etc…), on est dans les deux extrêmes :
    Le « saucissonnnage » ou à l’inverse un « package » de situations complétement différentes

    • Catelyne l’exemple des gds parents qui s’occupent d’un petit enfant a été celui cité par Laurence Rossignol et Michèle Delaunay pour réfuter la contribution informelle et dire que l’aide à un proche n’avait pas d’équivalent monétaire.
      – "On ne monétise pas l’aide apportée à un proche sinon qu’en serait-il de la mère de famille ou des grands parents qui s’occupent d’un petit-enfant?" (il faudrait que je retrouve le lien du tweet)
      Le fait de se nommer et reconnaître "AIDANT" de façon précoce permet de se prémunir contre l’épuisement et le burn out qui guette chacun de nous. pourquoi le refuser à celui qui (pour le moment) n’apporte qu’une aide modérée?
      Je suis triste et déçue de constater que même chez les aidants, l’unité et la solidarité ne sont pas de mise et je comprends mieux pourquoi Serge Guérin dit qu’un statut d’aidant sera trop long à mettre en oeuvre.
      Pour information, l’aidant est déjà reconnu et rémunéré (faiblement) par la PCH (si le proche a moins de 60 ans) et par l’APA (si le proche a plus de 60 ans et sous certaines conditions)
      Cette question soulevée de la différence entre l’aide naturelle et le statut d’aidant fait déjà débat au Canada où les parents d’enfants handicapés et/ou malades n’ont aucun droits avant les 18 ans de l’enfant, l’État considérant qu’avant la majorité de l’enfant c’est le rôle propre du parent d’apporter les soins nécessaires à l’enfant.
      Tout comme, en France, il est du rôle propre de l’épouse d’apporter aide et assistance à son époux malade.
      Est-ce que pour autant, ces parents Canadiens ou ces épouses françaises n’ont pas le droit à la dénomination AIDANTS?
      Ne confondez pas statut officiel et dénomination.
      Que dire de ces épouses en fin de carrière entre 55 et 65 ans, dont l’époux de plus de 60 ans tombe malade? l’APA ne les reconnait pas, elles n’ouvrent droit à aucune aide, et s’épuisent entre travail et aide à leur époux. et pourtant elles sont obligées de continuer à travailler pour ne pas voir en plus leur future retraite amputée par manque de trimestres.
      Vous voyez donc la multiplicité des situations. (et je pourrais en citer une dizaine d’autres…)
      le mieux effectivement, serait de se conformer à la définition COFACE:
      – Non professionnel
      – aide régulière totale ou partielle
      – de façon permanente ou non
      – nursing, soin, accompagnement à la vie sociale, démarches administratives, soutien psy, activités domestiques etc…

      • Merci Kat pour vos mots. Je ne suis pas quelqu’un qui ose s’exprimer car je sais pas si bien faire que vous. Mais j’ai été aussi attristé en lisant ce billet, la société nous différencie déjà par les aides apportées à chaque aidant, par rapport à la pathologie, à l’âge, au lien de parenté. C’est quelque chose qui me fruste déjà, moi, par rapport aux ami(e)s aidant que j’ai, cette différence d’aide pour un accompagnement qui donne autant de fatigue morale ou physique. Je vais surement surprendre mais cette différence entre aidant existe déjà depuis pas mal de temps, on peut dire que je dis ça car je m’occupe de maman qui a Alzheimer, mais je pense que je l’ai souvent dis, qu’à chaque fois les comparaison se faisait par rapport aux aidants Alzheimer, mais je parle pour moi, ça me gênais à chaque fois car on se dit qu’on a juste à pas se plaindre car on a de l’aide, et là le costume aidant on ose pas le mettre. Désolé si je suis pas dans le sens de la discussion mais voilà j’avais envie de m’exprimer

      • Ne pas confondre statut et dénomination d’un rôle. Justement la définition de l’aidant est large et on arrive à ces situations parce qu’on ne lui reconnaît pas à un certain moment un statut professionnel il tombe ds l’épuisement. Quel travailleur accepterait de travailler 24 sur 24 sans congés hebdomadaires, en étant non rétribué ou mal.
        Au nom de la solidarité familiale et de l’amour dont nous sommes capables,l’état se fait de bons bénéfices sur notre dos.
        en plus le non professionnalisme qu’on nous accorde , du pipeau car ds la même journée même si nous ne pouvons montrer un diplôme nous mettons combien de casquettes. aide soignant, aide ménagère, animateur, psychologue, diététicienne etc à chacun son nombre de casquette.
        en plus ce non professionnalisme peut être difficile à assumer, car effectuer par exemple des transferts sans formation,ce n’est pas évident.
        je crois que justement la notion trop large d’aidant peut mettre en colère car il y a différents stades d’engagement et de responsabilité qui à un moment doivent être reconnu comme un statut professionnel à part entière, avec ses droits et ses devoirs, une convention collective qui nous assure des mêmes droits de retraite, de salaire, de congés que n’importe quel salarié avec l’aide effective de l’état et non des miettes données sous prétexte d’amour.
        je reprends encore ne confondons pas amour et travail, l’amour on en a mais ne soyons pas exploités, amenés au bord de l’épuisement etc etc parce que nous n’avons pas les mêmes droits que n’importe quel travailleur.
        merci à vous
        Marie françoise

  4. Personnellement, il me semble que
    même si la "définition" ou "la
    dénomination" du terme "aidant" a
    son importance, les problématiques essentielles à la "réelle reconnaissance des aidants" se situent à d’autres niveaux.
    On est en France et sans doute aussi dans les autres pays, dans des " * questions de gestion économique" : les aides pour les aidants comme pour les aidés sont financées à "dose homéopathique" et cela depuis fort longtemps.
    A mon sens, elle est surtout là, la logique du "saucissonnage" .
    A noter que la France est le seul pays européen à maintenir la barrière de l’âge.
    Pour moi, la question "du statut aidant" tient, certes, aux
    « * différences de traitements des prestations" mais aussi et surtout
    au fait que (j’insiste) notre système "du soin et du prendre soin " est toujours culturellement ancré dans * l’unique relation " patient /médecin"
    De mon point , c’est surtout à ces trois niveaux (*) que le bas blesse.
    Reste à espérer que les « petites avancées » qui sont faîtes au jour le jour par les uns et les autres ( aidants, associations d’aidants, associations de familles, associations de malades et de proches – ces dernières prennent de plus en plus conscience du rôle et du besoin des aidants (cf articles récents : cancer et aidants; autisme et aidants)
    mais aussi par la force des choses ( maladies chroniques, vieillissement de la population ) aboutiront à la reconnaissance « des aidants » comme « partenaires » du «  soin (au sens large du terme) et du prendre soin » .

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