On peut vous aider ?

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PICTO BH RPA

Quand j’ai vu cette image, j’ai pensé immédiatement : c’est comme moi quand je propose quelque chose à ma boite …

Je suis une salariée-aidante, je fais partie d’un forum d’aidants très actif sur internet, on est une dizaine d’aidants à échanger chaque jour. Tous ces échanges, toute cette richesse accumulée, j’ai dit à ma direction du personnel que je pouvais les lui apporter : des actualités concernant la loi, les nouvelles mesures pour les aidants, pour les salariés-aidants en particulier avec le congé de proche aidant, je lui ai dit que je pouvais proposer des informations utiles aux autres salariés-aidants dans l’entreprise.

• J’ai dit à ma direction du personnel que j’étais prête à informer, écouter, rencontrer les autres salariés-aidants. J’ai proposé par exemple de tenir une permanence « aidants » une fois par mois (mais qui pourrait être bien plus fréquente si d’autres salariés-aidants se joignaient ensuite à mon initiative).

• J’ai dit à ma direction du personnel que je pouvais les aider à mettre sur pied des réunions de sensibilisation destinées au management, que les managers comprennent bien ou mieux ce qui se passe du point de vue d’un salarié-aidant qui doit concilier au quotidien travail et aide à un proche dépendant ou malade.

• J’ai fait des suggestions à ma direction du personnel, j’ai dit quels services à la fois pas coûteux et utiles aux autres salariés-aidants pourraient être mis en place.

• J’ai dit oralement. J’ai dit par écrit. J’ai donné des exemples concrets, j’ai expliqué comment je pouvais le faire sans prendre sur mon temps de travail.

Rien à faire, la direction du personnel a soit ignoré ce que je disais, soit répondu que ce serait trop cher, soit répondu qu’elle avait plein d’autres choses à faire et qu’elle ne pouvait pas se pencher (se pencher ? c’est révélateur !) avant quelques mois sur ma proposition.

Je ne dis pas que j’ai inventé la roue, ni que les salariés-aidants sont les seuls à avoir le savoir. Je dis simplement que les salariés-aidants savent de quoi il s’agit vu du point de vue de l’aidant, je dis que si les DRH intégraient leurs propres salariés-aidants dans leur démarche d’information, les DRH gagneraient en efficacité et surtout en rapidité de mise en œuvre. Dans mon entreprise, il n’y a toujours rien de dit ou d’écrit sur la loi ASV et le nouveau congé de proche aidant…

Au travail, dans notre activité professionnelle, nous pourrions donner, et ce serait de mon point de vue un bon échange : l’entreprise nous donne plus de liberté sur nos horaires ou nos modalités de travail, en contrepartie nous donnons à l’entreprise notre expérience, notre savoir « aidants », qui peut être utile à tous les autres salariés-aidants de l’entreprise.

Je ne parle pas non plus d’apports que pour les seules DRH. Nos apports peuvent aussi être utilisés par les directions du marketing, les directions « produits » destinés aux clients. Après tout, 20% des clients particuliers des entreprises sont des aidants eux aussi.

Je m’en rappelle comme si c’était hier, quand la première fois j’avais expliqué à une collègue du marketing dans ma propre entreprise qu’en tant qu’aidante, je pouvais aider à la définition des services qu’elle était chargée de mettre au point pour les aidants dans un contrat d’assurance dépendance, elle m’avait regardée totalement surprise : « mais on a déjà des consultants qu’on paie et qui nous indiquent les services  à mettre»…

• C’est vrai, je suis dans une direction administrative, alors je ne suis pas censée avoir des idées marketing, il y a des gens payés pour ça ou qui paient des extérieurs pour ça …
• C’est vrai, je ne suis pas dans la direction du personnel, je ne suis pas censée avoir des idées RH, il y a des gens payés pour ça ou qui paient des extérieurs pour ça…
• C’est vrai, je suis une salariée-aidante, et quand l’entreprise décidera de ce qui est bien pour moi, elle me le fera savoir en temps et heure. Et si je trouve que ce qui m’est proposé n’est pas vraiment adapté ? J’imagine déjà la réponse: « On ne peut pas non plus prendre en compte tous les cas… ».

Respectpourlesaidants, salariée-aidante

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11 commentaires

  1. Que trop vrai, malheureusement.
    Les entreprises sont conscientes du "risque" aidants, mais ne feront rien. Elles en connaissent le coût, mais peut-être elles se disent que le coût SI elles faisaient quelque chose pour les aidants pourrait être encore plus fort à terme.

    • Je confirme votre point de vue sur l’attitude des entreprises qui ne veulent pas "risquer" un dérapage (traduction: se retrouver avec des aidants demandant des choses coûteuses, et les syndicats s’engouffrant dans la brèche juste pour mettre dans l’embarras l’entreprise). On est très loin d’un dialogue social possible.

  2. Robert Salaison le

    Les entreprises auront à changer de regard sur leurs salariés-aidants, parce que ce phénomène s’impose à elles. Je me rappelle notamment une phrase d’une personne appartenant à la direction du personnel dans une entreprise où j’intervenais, elle m’expliquait que de nombreux aidants étaient venus proposer leur aide quand sa direction avait organisé une première conférence sur les aidants, mais qu’elle était restée en retrait sur cette offre d’aide: méconnaissance par les aidants des règles et usages des directions du personnel, incapacité à écrire de manière claire, non-exhaustivité, tout ceci avait conduit à ne solliciter aucun aidant ensuite.

    • Est-ce à dire que des Salariés aidants souhaitant se prendre en charge au sein de l’entreprise en menant des actions de sensibilisation sans l’assistance d’une structure « experte » risquent d’être contre productif ? Les DRH ayant besoin de « caution » !

      • C’est une idée très intéressante que celle que vous avancez, consistant à avoir une structure experte extérieure à l’entreprise et pouvant être "neutre" sur le dialogue entre direction du personnel et salariés-aidants. Sûrement une piste à creuser. Mais peut-être vous le faites déjà vous-même dans le cadre de la Maison des aidants ?

  3. Et oui c’est malheureusement vrai dans quasiment toutes les boites. Quand je travaillais la direction était compréhensive quand je devais rentrer en catastrophe si mon épouse avait un souci , Au bout d’un moment c’est devenu ingerable J’ai décidé d’arrêter de travailler pour aider mon épouse .On parle beaucoup des entreprises mais que dire des administrations !!! je suis plus fatigué par des dossiers et encore des dossiers a remplir que d’aider mon épouse. Je me demande si je ne vais pas acheter un tracteur ou un camion et bloquer une autoroute peut etre que l’on m’ écouteras !!!!

    • Bonjour Jean-Claude, acheter un tracteur serait sans doute un moyen de se faire remarquer, SAUF que souvent la présence de l’aidant auprès du proche fait qu’il n’a pas de visibilité sur ses moments de disponibilité pour bloquer une autoroute!!!…
      Pour revenir à plus sérieux, oui, que ce soit côté entreprises, que ce soit côté administration, il y a beaucoup à lutter. Mais il y a aussi beaucoup à donner entre aidants, aux autres aidants, toutes nos expériences sont utiles. Bon courage!

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