Pôle Emploi

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Lundi en huit, une amie aidante ira à Pôle Emploi pour demander de l’aide pour trouver un nouvel emploi. Elle dit qu’elle « a les boules » rien qu’à l’idée d’y aller. Elle avait démissionné de son boulot il y a 1 an quand son rôle d’aidante était devenu trop accaparant et qu’elle pouvait plus concilier à la fois son travail et le rôle d’aidante. Maintenant que la situation est un peu stabilisée pour son mari, elle voudrait trouver un travail qu’elle puisse faire depuis chez elle, ca lui permettrait d’être présente auprès de lui. Elle dit aussi qu’elle ne cherche pas forcément une activité salariée dans le même domaine où elle était avant qu’elle n’arrête, elle pense aussi à un autre domaine qui lui plait et cette fois-ci qui peut être fait depuis chez soi.

Je me dis : « mais pourquoi elle a les boules, rien qu’à l’idée de devoir dire à Pôle Emploi qu’elle a arrêté de travailler parce que c’est normal à un moment de SE RETROUVER obligée d’arrêter son travail ? ». C’est normal d’arrêter parce que les heures, les obligations du métier qu’on exerce ne sont plus conciliables avec ce qu’on fait pour le proche dont on prend soin.

Je me dis : « mais pourquoi c’est l’aidant qui a « peur » de la manière dont il va être perçu, accueilli, « conseillé » par les autres, là il s’agit des conseillers de Pôle Emploi ? Peur de se justifier ? Pourquoi les autres justement, ils ne sont pas formés à connaître tout ce que font les aidants, les qualités propres au rôle d’aidant qu’on apprend sur le tas et qu’on développe au fur et à mesure ? ».

Alors la loi Autonomie qui n’est toujours pas votée, mais qui pour l’instant prévoit des clauses spéciales pour les aidants, ceux qui travaillent et doivent concilier travail et rôle d’aidant, il est grand temps qu’elle vienne ! Comme ca, Pôle Emploi aurait non seulement une bonne occasion de dire « bravo » aux ex-aidants (ou toujours aidants) qui reviennent sur le marché du travail, et aussi une bonne raison de chercher ce qui conviendrait le mieux aux aidants.

Hum.. Il y a encore un long chemin à faire avant cette « reconnaissance » des « acquis par expérience » des aidants et cette « reconnaissance » des obligations qu’on a en tant qu’aidants.
Emilie

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10 commentaires

  1. Courage à votre amie, elle n’a pas à rougir ou se sentir inférieure. Ce qu’elle a fait (et fait encore si je comprends bien ?) est énorme, alors pas de culpabilité. Qu’elle mette sur un papier les horaires qu’elle a fait avec son mari, l’organisation qu’elle a mise en place, les moments de repos qu’elle s’est donnés. Rien que ça fait comprendre ce que veut dire s’occuper d’un parent ou d’un conjoint dépendant. Transmettez lui mon admiration de dire tout haut ce que sans doute beaucoup d’entre nous n’osent même pas dire.

  2. Merci pour la publication du billet. Est ce que vous croyez que c’est possible d’obtenir que Pole Emploi ajoute la case "aidant" pour les gens qui ont arrêté leur travail pour s’occuper d’un proche et qui reviennent ensuite pour rechercher à nouveau un emploi ? C’est quelque chose de très concret, et important pour les aidants et leur reconnaissance de leur statut d’aidant.

    • Bonjour Emilie,
      Pôle-Emploi prévoiera une case "aidant" si les aidants ont un jour un statut et non pas seulement une reconnaissance sociale… c’est bien pour cela que nos voisins belges se sont battus. Même s’il est encore incomplet, c’est bien le statut qui leur a permis (encore qu’après une mobilisation de leurs associations) d’être dans certains cas dispensés de recherche d’emploi tout en maintenant leurs droits. (Voir à ce sujet les articles que nous avons publiés). La question du statut est différente de celle de reconnaissance. En France nous sommes dans un contexte d’évolution de la reconnaissance des aidants…mais très loin de l’idée d’un statut…

      • Bonjour,
        Tout à fait d’accord avec vous.
        Déjà, tant que la loi AVS n’est pas votée, seuls les "aidants" de personnes handicapées " sont
        reconnus dans le cadre législatif, alors pour ce qui est "d’un statut ", ce n’est pas en France "demain la
        veille "….
        De mon point de vue , il reste encore bien des " idées" et "conceptions " à bousculer dans l’approche de l’accompagnement "du soin et du prendre soin" toujours très ancrée dans notre ancestrale culture hospitalière.
        Cela dit, même si c’est à la vitesse "escargot", on perçoit quand même, une plus grande prise en compte " des aidants" notamment dans les associations de malades et de proches" aidants".

      • c’est vrai, vous avez raison, on en est tout juste à un début de reconnaissance. Quand la loi est votée (j’ai pas dit si la loi est votée…), et que la loi comporte le congé de proche dépendant, ca pourra aider à la prise en compte par Pôle emploi de la case"aidant".

  3. lisez les débats au sénat de mars dernier, la question de la VAE des aidants a été abordée, mais les sénateurs ne l’ont pas retenue. C’est malheureux.

    • Où trouve t’on ces débats sur la VAE de l’aidant ? Ce serait intéressant si nous les aidants, nous arrivions à décrire NOTRE VAE !
      Est-ce que c’est quelque chose qu’on pourrait faire ici sur ce site ?

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