Rencontres scientifiques de la CNSA(*) pour l’autonomie (*Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie)

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La semaine dernière sur notre site des internautes Aidants relevaient que des rencontres scientifiques auraient lieu les 5 et 6 novembre à Paris, sur le thème « Etre proche Aidant aujourd’hui », sans aucune participation des Aidants.

Il est vrai que le titre ne reflétait peut-être pas la teneur de ces journées, puisqu’il s’agissait plus de cerner un phénomène contemporain et ses enjeux, que d’exprimer ce que c’est qu’être Aidant aujourd’hui, dans les aspects concrets que comporte la relation d’aide.
Il s’agissait bien de rencontres scientifiques, avec croisement d’approches disciplinaires et non de débats sur « l’être Aidant ». Cela n’enlève rien bien sûr à la pertinence des réflexions de ces internautes…

De ces deux journées auxquelles j’ai assisté, je conserve pour ma part deux sortes d’impression :
la première est que nous avons entendu répéter des choses que l’on sait désormais depuis un certain temps, et que le monde « académique » est parfois bien en retard par rapport « au terrain »,
la seconde, beaucoup plus positive est qu’il y a des prises de conscience, des éclairages et des orientations totalement nouvelles.

Ce sont parfois des points de vue étrangers qui enrichissent notre réflexion :
Martin Knapp et Tim Muir, économistes anglais, ont présenté deux études portant sur l’aide aux Aidants, menées en Angleterre, qui démontrent les résultats positifs – en terme humains mais aussi en terme d’économies à long terme – d’un programme de soutien à des Aidants.
Il ressortait des exposés et débats que même en se plaçant d’un strict point de vue économique, soutenir les Aidants est avantageux : prévention des risques pour l’Aidant, meilleure santé de son Aidé. C’est pourquoi l’intitulé de l’exposé du Professeur Martin Knapp était «La science économique au service d’un meilleur soutien des Aidants ».

Un atelier était consacré à la conciliation entre aide et vie professionnelle. Robert Anderson, chercheur auprès de l’agence européenne Eurofund, a présenté une très intéressante étude européenne sur les salariés Aidants, et le soutien mis en œuvre ici et là par la grande entreprise.
Les petites entreprises devront quant à elles rechercher des solutions dans des démarches plus « mutualistes ». La dimension européenne, et la dimension « dialogue social » de la question des Aidants est à présent de plus en plus clairement affirmée.

Madame Marie-Eve Joël, Présidente du Conseil Scientifique de la CNSA, soulignait que la démarche de dénombrement et de chiffrage de l’aide témoigne de la prise de conscience que les politiques sociales actuelles ne peuvent plus rester sur la seule logique de la subsidiarité (c’est à dire n’intervenir que lorsque la famille est défaillante). L’enjeu économique et politique que représentent les Aidants apparaît donc clairement, et cela pose la question fondamentale de savoir comment la solidarité va s’organiser. Mais il serait toutefois réducteur de limiter la relation d’aide à la seule logique économique.

D’autres approches se recentraient sur les Aidants au cœur des dispositifs : Madame Juliette Bloch, Directrice scientifique de la CNSA, mettait l’Aidant au cœur d’un ensemble de mesures : le répit par exemple n’est pas suffisant s’il n’est pas inscrit au sein d’un dispositif de soutien plus large : formation, sensibilisation des médecins, auto-évaluation de l’Aidant…

Je tenais à souligner dans cet éditorial l’intérêt que revêtent certaines prises de position car elles témoignent d’une avancée notable.
Madame Guinchard notamment, Présidente du Conseil de la CNSA soulignait l’importance de faire avec les Aidants. Et j’ai relevé dans les discours des différents intervenants des expressions telles que « l’expertise des Aidants », « les Aidants alliés avec les professionnels »… qui indiquent qu’une évolution est en cours dans le regard porté sur les Aidants.
L’Aidant partenaire, l’Aidant acteur, l’Aidant partie-prenante… Je souhaite pour ma part qu’en de futures journées dédiées aux Aidants, ceux-ci aient acquis suffisamment de représentativité pour ne pas avoir à regretter, comme le faisait nos internautes, que de telles journées se passent sans eux !

Madame Geneviève Gueydan, Directrice de la CNSA, indiquait en conclusion que de nouveaux financements pour des actions innovantes impliquant les Aidants seraient mis en place.

« Rien pour nous sans nous » était le titre du premier éditorial qui inaugurait notre nouveau site « Aidants en mouvement ». Ce slogan est plus que jamais d’actualité.

Pascal Jannot.

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2 commentaires

  1. Bonjour
    Je trouve la question de l’approche économique intéressante et presque humoristique le titre de la conférence qui est citée "la science économique au service d’un meilleur soutien des aidants"..d’ailleurs c’était peut-être de l’humour anglais, puisque l’économiste est anglais!
    Mais ce que je trouve intéressant c’est l’angle d’approche. je me suis intéressé aux travaux de cet économiste et je trouve l’approche beaucoup plus fine que celle qui consiste à chiffrer les heures passées par les aidants proches à soutenir les personnes dépendantes.
    Edward L.

  2. Bonsoir Edward, je suis très intéressé à lire ces travaux de l’économiste cité. Vous avez un lien à suggérer pour lire ses écrits ?
    Cordialement.

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