Solitude des accompagnants

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Âgée de 70 ans, mon épouse est parkinsonienne depuis 15 ans. Elle fait de nombreuses chutes souvent compliquées par son ostéoporose, elle est sourde profonde, incontinente,  a de grosses difficultés à parler, elle se déplace très difficilement même avec son déambulateur et sur le plan mental, elle a des comportements souvent illogiques.
Son père, âge de 102 ans vit seul à une quinzaine de kilomètres de chez nous, il ne veut aucune aide extérieure. C’est moi qui chaque semaine lui fait ses courses. D’autre part, je vis en pavillon et hormis 3 heures d’aide ménagère par semaine, je m’occupe de tout le reste. Je suis âgé de 73 ans et comme vous pouvez le comprendre je n’ai vraiment pas le temps de souffler.
Les amis et la famille qui autrefois venaient souvent passer le W.E chez nous pour profiter du bord de mer brillent aujourd’hui par leur absence, tant en visite qu’au téléphone. Même la proche famille dont nous n’avons pas de nouvelles depuis 4 ans.
J’avoue « toucher le fond de ma résistance » voilà, c’est cela les conséquences de la maladie, aucune vie sociale, aucune aide morale, aucune preuve d’attachement.

Ma seule véritable distraction et « soupape » est sans doute d’aller promener mon chien chaque après-midi pendant une heure et demie. Mais la détente n’est pas vraiment totale car au retour il m’arrive de trouver mon épouse par terre sans qu’elle puisse se relever, ce qui vous le devinez me fait culpabiliser. Pourtant, ce sont ces sorties qui me permettent de pouvoir continuer à assumer !…

Pardonnez moi de parler de moi , mais j’éprouvais pour une fois le besoin de parler de nous.

Témoignage de A. – Aidant de son épouse et son beau-père

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