• 10 OCT 17
    • 4

    Quelle tournure prend cette demande d’APA !

    Je suis aidante de ma mère depuis un an.

    Ma mère âgée de 85 ans ne pouvait plus rester en foyer logement pour des raisons de santé (perte de mémoire, mauvaise état alimentaire, défaut d’hygiène…)

    En 2014, elle percevait une aide APA en GIR4 dans le Loiret (45), une personne (prestataire de service) venait le lundi, et le vendredi (soit 2 h à chaque fois pour l’aider au niveau du ménage et la prise de douche).
    L’aide était évaluée à environ 515 euros au total (achat des changes complets compris).

    Un certain nombre de problèmes émanant du prestataire de service mandaté sont apparus : à plusieurs reprises la personne qui devait venir, était absente, ne prévenait pas ma mère et la société prestataire non plus, la prestation n’était donc pas compensée… mais très certainement payable quand même ?….

    Ne pouvant plus compter sur ce système, j’ai pris la décision de prendre ma mère à mon domicile, car elle ne pouvait plus rester dans son logement, l’aide apportée étant largement insuffisante par rapport à ses nouveaux besoins.

    En Octobre 2016, elle a déménagé pour venir s’installer chez moi (sa fille) dans le Loir Et Cher (41)

    L’aide aurait dû suivre aisément puisqu’il s’agit d’un transfert dans un autre département et non d’une première demande d’APA.
    Rien de rien, il a fallu refaire une demande d’APA ! Armée de mon courage à toutes épreuves, j’ai demandé une nouvelle évaluation (vu avec le médecin traitant au regard de sa baisse d’autonomie) (AVC, incontinence, troubles de la mémoire…)
    Cette aide lui a été accordée en juin 2017 !!! (9 mois après) dans des conditions révoltantes.

    Mme Y. du service du Conseil général du Loir et Cher est venue faire l’évaluation, personne charmante, qui a bien compris la démarche de l’aidant familial, et qui avait évalué une prestation d’aide en GIR 3 (dont le plafond est à 994,87 euros).

    Nous lui avons précisé que nous ne souhaitions pas de prestataires de services extérieurs (vu nos nombreux déboires d’une part, et du choix familial de la prendre en charge à mon domicile).

    Nous avons encore attendu au moins 3 mois, rien pas de réponse !

    Puis un appel téléphonique de Mme Y. très acide me disant de manière orale et là j’ai bien compris « que l’on tentait une démarche de déstabilisation mentale et illégale envers moi » que le médecin conseil ne souhaitait pas que ce choix soit retenu !

    Il fallait obligatoirement un prestataire de service extérieur !

    Devant mon insistance, et lui expliquant être en lien avec une association d’aide aux aidants, elle s’est fâchée, oui je dis bien fâchée au téléphone en me disant d’un ton sec : « puisque c’est comme ça, je vais devoir revoir à la baisse le montant de l’aide ! » Et dans la foulée, elle m’a envoyé un devis en GIR 3 (du même montant que celui en GIR 4), c’était à prendre ou à laisser… Nous n’avons donc pas contesté dans l’intérêt de ma mère….

    C’est à ce moment que nous avons bien compris que l’aide apportée par l’aidant n’est pas reconnue, voire suspecte ! Voire frauduleuse !… D’ailleurs, elle m’a même menacée de contrôle, de remboursement des prestations si le travail n’est pas effectué, alors même que l’aide n’était pas encore versée !!! Nous avons beaucoup hésité à continuer la démarche devant cette violente suspicion insistante …et surtout ce changement d’attitude menaçant ?

    Je reçois le document, et je constate que le versement de la prestation est conditionné après facturation du service rendu (ce qui veut dire après déclaration CESU et envoi de la fiche de salaire).

    J’explique que ma mère ayant 692 euros de retraite par mois, ne peut pas faire l’avance de son aide APA ! (525 euros).
    Finalement, la prestation est versée entre le 24 et 25 du mois, cela a fonctionné 3 mois. Et j’ai envoyé la fiche de salaire (CESU entre le 5 et 9 du mois suivant ne pouvant pas anticiper une déclaration CESU)

    En Septembre, pas de versement ? J’appelle Mme X., qui me répond d’un ton sec, comme si on fraudait ! J’ai pas reçu les bulletins de salaire…

    J’envoie tous les mois entre le 5 et 7 du mois suivant le bulletin édité du CESU, et cela de manière régulière à cette dame, elle ose me dire : « j’e n’en reçois aucun ! » Le courrier est envoyé à son nom ! Puis elle me rétorque : « de toute manière ce n’est pas moi qui m’en charge ! »
    En Août ma mère a changé de banque, nous avons envoyé le nouveau RIB et j’ai eu cette même personne ! Qui m’a dit qu’elle en prenait compte et qu’elle recevait bien les bulletins….

    Nous sommes face à de la mauvaise foi, nous n’avons jamais le même interlocuteur (il est pas là, on doit rappeler), les informations ne sont pas transmises, …

    J’ai envoyé un courrier en RAR à la Direction des solidarités du Loir et Cher qui s’occupe de la gestion des APA/PH dans la foulée n’en pouvant plus de ce dialogue de sourd et cette langue de bois tenace…

    La loi existe bien concernant la possibilité et la condition de versement de cette aide APA, mais elle n’est pas appliquée… Les départements pratiquent la langue de bois, et essaient de la contourner en nous induisant en erreur et en nous contraignant nous aidants à l’abandon surtout. (Loi AVS n°2015-1776) relative à l’adaptation de la société au vieillissement pour les personnes âgées.

    Les aidants ne sont pas des profiteurs ! Voyez plutôt du côté des prestataires de service extérieur …dont la plupart ne compensent jamais l’aide en cas de non venue de leur employée…
    Le prestataire de service facture 20 euros de l’heure, moi on me rémunère 8,79 euros de l’heure !
    Ma mère coûterait bien plus cher en EHPAD !

    Il est possible que nous n’ayons plus recours à cette aide par la suite, si cela devait être insultant pour nous.
    Je ne comprends pas pourquoi ma mère doit faire l’avance des frais de son aide, et je ne veux pas qu’elle subisse les déboires occasionnés, elle est devenue bien plus fragile, son autonomie a encore baissé dernièrement depuis la perte de la vue d’un œil.

    En tant qu’aidante de ma mère, je demande juste à être comprise et entendue c’est tout !

    Pour ma mère Marcelle,  Frédérique, aidante.

    Postez un commentaire
  • Classé dans Catelyne on 11 octobre 2017, 14 h 46 min

    Bonjour,
    Que de démarches administratives et que de déboires pour arriver à obtenir cette prestation!!!!!
    Hélas, au vu des échos que je peux avoir de parts et d’autres, ces déboires, bien que de moindre importance que ceux auxquels vous avez été confrontés, n’en restent pas moins une triste réalité.
    L’évaluation GIR et les délais de traitement des dossiers varient suivant les départements.
    Quant au montant de l’APA versé à
    l’aidante salariée de son proche, (quand cela est possible) il est à peu prés identique à ce que touchent certaines "assistante de vie à domicile" à savoir le SMIC brut.
    Les 22 euros /h représentent le salaire horaire et les charges diverses facturées versés par le département ( peuvent être aussi différents d’un département à l’autre) aux services et entreprises d’accompagnement à domicile.
    J’ai conscience qu’en écrivant tout cela je ne fais malheureusement qu’enfoncer le clou mais …..
    Effectivement les 11 MILLIONS de proches aidants font économiser des MILLIARDS à la Société mais de cela PEU DE PERSONNES EN PARLENT!!!!!.
    Cela reste pour le moment des problématiques individuelles alors qu’elles relèvent de fait de choix sociétal.

    Répondre
  • Classé dans Kataidante on 10 octobre 2017, 17 h 55 min

    Bonjour Frédérique. Je viens de lire votre effroyable histoire. j’ai plusieurs amis aidants de leurs parents, dans d’autres département, qui ne rencontrent pas les mêmes problèmes que vous, preuve que c’est légal, possible et faisable. (je ne mets pas en doute votre parole, je sais que certains agents abusent de leur petit pouvoir pour tyranniser les bénéficiaires). Il est vrai que les administrations sont rarement favorables à ce que nous aidants, prenions en charge nos proches. en nous avançant des raisons qui ne sont pas les bonnes .
    serait-il possible que vous vous fassiez épauler dans vos démarches par le Défenseur des droits de votre département? je sais que c’est dans ses attributions de venir en aide aux usagers des administrations, et qu’il sont la plupart du temps très actifs et entendus. J’ai eu un différend avec la CPAM qui s’acharnait à me demander un papier qu’elle était supposée me fournir, le défenseur des droits m’a bien aidée et a débloqué la situation en quelques jours alors que je me débattais seule depuis des mois.
    n’hésitez pas à faire appel à eux.
    Bon courage pour la suite!!!

    Répondre
    • Classé dans admin on 11 octobre 2017, 10 h 37 min
      in reply to Kataidante

      Bonjour Kat,
      Merci à vous de contribuer à répondre et transmettre votre savoir aux aidants qui en ont besoin.
      Nous l’avons justement orientée vers le défenseur des droits et un conciliateur de justice. Marie-Hélène-Infirmière coordinatrice.

      Répondre
  • Classé dans JEAN-CLAUDE on 10 octobre 2017, 14 h 12 min

    Bonjour FREDERIQUE. Vous êtes hélas un des nombreux exemples de ce que vivent beaucoup d’aidants. Moi un dossier de demande MTP pour mon épouse a pris 1 AN , lors d’un controle médical à la sécurité sociale c’est moi qui ai appris au médecin que la sclérose en plaque était reconnue comme maladie dégénérative !! Toutes ces personnes droites dans leur bottes derrière un téléphone devraient déja être mieux formées pour traiter ces situations. NON on’est pas des profiteurs ou des " assistés" . COMBIEN DE MILLIONS D’EUROS FAISONS NOUS GAGNER A LA SOCIETE ,? Mais ils nous enlèverons jamais l’amour de la personne aidée. Bon courage FREDERIQUE

    Répondre

Postez un commentaire

Cancel reply