Un honneur et un plaisir

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Il y a trois jours, j’ai appelé un vieil ami que je n’ai pas vu depuis longtemps mais dont j’avais des nouvelles de temps en temps. Je tombe sur sa femme qui me dit « c’est dur, tu sais, vraiment dur, il va de plus en plus mal, mais bon, on tient, je te le passe ».

Un silence, et j’entends sa voix. Une voix lente, coupée, un peu comme s’il cherche ses mots. « Bonjour Jean-François, c’est gentil d’appeler, meilleurs vœux, bonne année à toi ». Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir peur en entendant sa voix. On « sent » quand l’autre fait des efforts mais que ça ne va pas fort.

Je ne connais pas grand-chose à Parkinson, mais là, clairement, la maladie est présente, forte. Alors je lui ai dit : « Quand j’entends ta voix, je sais que ça va pas fort, alors je vais venir te voir. Je viendrai avec Anne, je viendrai avec Valérie si elle peut venir, je viendrai avec Daniel comme la dernière fois, il y a deux ans je crois».

Et j’ai continué : « Je ne te dis pas quand, mais je voudrais pouvoir venir dans les 2 ou 3 prochains mois, je vois ça. Est-ce que cela est possible pour toi de nous accueillir comme on l’avait fait la dernière fois, on vient juste pour le déjeuner et on repart après ? ».

Cet ami habite à 600 KM, c’est une « expédition » pour arriver jusqu’à sa maison ! Mais je sais que si on vient le voir dans les 2 ou 3 mois, ce sera bien. Et j’entends sa réponse alors : « Venir ? Si tu viens ? Ce sera toujours un honneur et un plaisir ! ».

J’ai écrit ce petit billet car il répond en quelque sorte aussi au billet sur la bulle des aidés et aidants. Jean-François

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4 commentaires

  1. Bonsoir Jean François

    Je trouve votre histoire très touchant. C’est beau ce que vous allez faire dans deux ou trois mois. Ce que j’ai voulu faire passer dans le message de ma bulle c’est l’éloignement des personnes que l’on voyait souvent je dirai même très souvent avant la maladie. Vous savez, j’ai une personne et c’est mon filleul il n’a que 20 ans et je peux vous dire que c’est le seul qui vient tout les mois et il n’en rate pas un, passer toute une journée avec nous, de ma bulle il n’en a pas peur. Votre histoire est magnifique et je sais que votre ami sera ravi de vous voir et je pense que même un petit coup de téléphone de temps en temps le rendra heureux, juste le faite d’entendre votre voix.
    Doune

    • Vous avez tout à fait raison, un petit coup de fil de temps en temps lui, leur ferait plaisir c’est vrai. Je dis "leur", car aussi bien lui que son épouse ont besoin de sentir des gens autour d’eux et attentifs. Je vous souhaite plein de bonnes choses pour vous, votre mère, vos proches.

  2. Je vous remercie pour ce que vous avez écrit, cela m’ouvre les yeux sur ce qu’il ne faut pas hésiter à faire, si on le peut. Le téléphone est mieux que rien, mais aller sur place, pouvoir serrer la main ou donner l’accolade, plus comme vous dites, un trajet de 600 km, l’ami que vous allez voir saura l’apprécier, et cela restera assurément dans sa mémoire, comme dans celle de son épouse, de ce que vous aurez fait.

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