Une journée nationale des Aidants : Pour quoi faire ?

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Une journée nationale des Aidants : Pour quoi faire ?

PICTO DEBAT JNA

Depuis 2010, chaque année le 6 octobre la France célèbre une journée nationale pour les Aidants.
Instituée par la Secrétaire d’Etat d’alors, Madame Berra, cette journée valorise les initiatives en faveur des Aidants.
Relayée par les médias, cette journée a certainement contribué à donner de la visibilité aux 8,3 millions de femmes et d’hommes qui accompagnent chaque jour un proche dépendant : parent, conjoint, enfant, frère ou sœur, ami… frappé par la maladie, le handicap ou la dépendance liée à l’âge.

Cette journée a certainement aussi contribué à faire passer dans le langage le terme d’Aidant, ce qui permet progressivement une prise de conscience par les Aidants eux-mêmes de leur rôle individuel, et de l’impact que ces rôles individuels additionnés produisent sur la société toute entière.

Cette année, bien que maintenant son patronage sur cette journée, l’Etat n’est pas réellement engagé dans la promotion, laissant à des acteurs associatifs et privés concernés par le thème, le soin de l’organiser.

Dans certains pays, une telle journée n’existe pas. Dans d’autres au contraire, il peut s’agir d’une semaine voire d’un mois.

Que pensez-vous de cette initiative ?

Est-ce un « merci » à moindre coût ?

Est-ce qu’une telle journée aide les Aidants, et de quelle manière ?

Les Aidants eux-mêmes sont-ils partie prenante de cette journée ? Ou sont-ils en position de spectateurs ?

Tous les Aidants se reconnaîtront-ils en en entendant parler de cette journée ?

Sont-ils fêtés le 6 octobre et oubliés le reste du temps ? Ou bien cette mise en lumière leur permet-elle de progresser vers une véritable reconnaissance ?

Et d’ailleurs, en quoi consisterait une « véritable reconnaissance » ?

En savoir plus

 

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23 commentaires

  1. Je lis dans vos actus l’annonce d’une conférence au ministère de la Santé intitulée "services et vie quotidienne – comment clarifier l’accès aux services pour les personnes qui accompagnent un proche dépendant".
    Entre le début de la conférence à 19 h et le début du cocktail à 20h30, un moment très à la française : de l’entre-soi institutionnel, beaucoup de bavardage mondain et sur le terrain… beh rien !
    Vous signalez cet événement sur votre site… Pour moi c’est un non-événement.
    Désolé pour mon franc-parler et ma mauvaise humeur, mais je suis de plus en plus déçu et sceptique sur une réelle volonté et capacité de créer les services dont les aidants en l’occurrence ont réellement besoin . Pour cela il faudrait les consulter, mais aucune concertation n’existe. C’est à nous, aidants, de construire des espaces pour porter l’expression de nos besoins.
    J’apprécie que votre site laisse la parole aux gens qui sont vraiment en situation. Je le découvre puisqu’il est nouveau, mais je reviendrai le visiter. Et j’espère que j’y trouverai d’autres aidants avec qui parler.

    • Bonjour Daniel
      J’aurai un grand plaisir à parler avec vous parce que moi aussi je trouve tous ces débats à la tribune stériles en définitive. C’est pas les actions mises en oeuvre sur le terrain qui elles sont concrètes, que je mets en cause, c’est la manière dont toutes ces associations arrivent à monopoliser la parole et oublient de donner la parole aux aidants eux-mêmes.
      Alors volontiers, pour échanger ! 🙂

  2. La Journée nationale est une bonne occasion pour tout le monde, et le gouvernement, et les entreprises, et les associations d’aides à domicile, et les EHPAD, etc., de saluer les 8 à 10 millions d’aidants et le considérable travail qu’ils font. Je sais que ce n’est pas demain que le gouvernement voudra « reconnaitre » les 164 milliards d’euros de contribution informelle des aidants, mais il faut bien admettre que sans les aidants, la SS et la prise en charge de la dépendance, de la maladie grave, de l’handicap serait en cessation de paiement ! Non je ne la vois pas comme un « merci à moindre coût », je la vois comme une occasion à exploiter pour sensibiliser le maximum de gens. Robert

  3. Déjà qu’on dise « merci » aux aidants est une grande chose, mais il faut que le gouvernement dise « merci » avec conviction. Et les aidants ne se trompent pas quand quelqu’un leur dit « merci » mais ne le pense pas. Les associations de patients devraient dire aussi « merci » aux aidants. Les associations d’aides à domicile devraient dire aussi « merci » aux aidants. Mais ni les associations de patients ni les associations d’aides à domicile ne diront « merci » aux aidants le 6 octobre prochain.
    Donc réponse : il n’est même pas sûr que les aidants ressentent le « merci » ce jour là. Je me rappelle Kat qui disait l’année dernière qu’un énième colloque sur les aidants le 6 octobre n’est pas un « merci », c’est une perte de temps pour tout le monde ! JLB

  4. Si je réponds en toute franchise à cette question, je dirai que les aidants sont fêtés le 6 octobre, et oubliés le reste du temps par les décisionnaires comme par les membres de la famille qui ont fui leurs responsabilités. C’est ainsi, et je ne veux pas épiloguer. Dieu reconnaitra les siens à un moment ou l’autre, et en attendant, les aidants continuent leur rôle que personne d’autre ne veut prendre ! Robert

  5. Oh non, ce n’est pas un « merci », c’est au contraire, (ou j’aimerais que ce soit bien…), une manière de faire comprendre à tout le monde qu’il y a 8 millions à 9 millions parmi eux qui sont des aidants d’un proche, et que c’est pas facile tous les jours, qu’il y a beaucoup de choses qui changent pour ceux qui deviennent aidants. Maintenant, pour que cette Journée soit comprise de tous, encore faut-il que les ministres directement concernés (santé, handicap, personnes âgées, travail) parlent et se mouillent la chemise notamment le 6 octobre. Emilie

  6. C’est une manière d’attirer l’attention sur 8,3 millions de personnes qui aident un proche malade, ou dépendant, ou handicapé. C’est vrai que le slogan de la 1ère édition était « Merci », mais depuis le mot « merci » a été à juste titre retiré. C’est utile qu’il y ait cette Journée nationale. Après, tout dépend de ce qu’on en fait, les aidants, les organisations d’aidants, celles qui sont supposées nous aider et nos proches à domicile. Si nous ne sommes pas capables d’en faire quelque chose à tous, ça servira à rien, ou à donner bonne conscience à certaines associations… Thérèse

  7. les aidants ne sont pas conviés à l’organisation de cette Journée nationale, mais oui, ils seront acteurs ce jour là, comme les 364 autres jours de l’année. Il y a les gens qui parlent des aidants (ce sont eux qui organisent la JNA), et il y a ceux qui sont aidants (et qui n’ont pas le temps de faire autre chose). Ce ne serait pas difficile d’impliquer des aidants dans l’organisation, mais ce n’est pas comme cela que ça se passe encore. Je suis confiant que cela arrivera un jour, quand les aidants seront organisés en vrai groupe de pression. JLB

  8. Je n’ai pas de réponse tranchée, car c’est oui et c’est non à la fois. C’est oui parce que de nouveau le message passe en faveur des aidants, mais c’est non car l’état d’esprit des assistantes sociales, des organisations, du manque de moyens, du manque de considération tout cela ne changera pas. Ce matin Emilie nous faisait par d’un témoignage d’une aidante qui aide une amie atteinte de la MCJ, les équipes d’HAD ont dit qu’elles ne pouvaient plus intervenir parce qu’il n’y a pas d’amélioration et que cela fait déjà 1 an qu’elles intervenaient, les SSAD ont dit que le cas était trop lourd pour elles, et l’aidante se retrouve à la case départ, tout remettre en place pour les soins et les aides nécessaires….
    Il n’y a pas d’argent, et les aidants doivent s’organiser entre eux, et « gueuler » tout leur souffle sur l’insuffisance de soins et d’aides pour les personnes dépendantes ou malades. JLB

  9. Ce n’est pas une « Journé nationale » qui changera tout, mais elle aidera à cette prise de conscience. A une condition de taille : que les journaux grand public, que les radios grand public, que les télés grand public en parlent bien, en faisant intervenir des aidants qui savent parler vrai. On dit souvent qu’il y a 50% des aidants qui ignorent qu’ils le sont. En réalité, ces 50% qui ignorent qu’ils sont aidants sont à un point de leur parcours où la charge n’est pas encore trop forte. Donc ils ne se voient pas « aidants », et c’est normal. Mais quand vous faites la toilette de votre parent ou de votre conjoint, là, vous n’ignorez pas que vous êtes « aidant », et vous avez aussi largement compris à quel point le système d’aides est insuffisant ! Thérèse

  10. C’est certain que la reconnaissance des aidants se fait. Elle se fait lentement, mais elle se fait. Ce n’est pas la JNA en particulier, mais la JNA fait partie des éléments qui poussent en faveur des aidants.  Et comme on en arrive à la 5ème édition de cette JNA, cela marque sûrement les esprits, les journalistes, les politiques cette continuité. Le plus grand danger a été en 2012, ce n’était pas gagné d’avoir la reprise de la JNA par la nouvelle équipe au pouvoir, et je crois que c’est une association qui ne s’est pas dégonflée et qui a à la force du poignet arraché le OK du cabinet de Michèle Delaunay. JLB

  11. En quoi consisterait une « véritable reconnaissance » ?
    Large question ! de nouveau, c’est possible qu’il y ait autant de réponses qu’il y a d’aidants. Pour ma part, la « véritable reconnaissance », c’est quand chacun de nous en tant qu’aidants, nous pourrons en parler à d’autres personnes dans notre entourage, à des amis, dans l’entreprise, et que ces personnes ne nous regarderont pas comme si nous étions des martiens ou des gens qui font peur. Robert S

  12. En quoi consisterait une « véritable reconnaissance » ?
    Que le langage des politiques et des associations cesse d’être de la propagande, et que naisse une véritable association d’aidants avec 100000 ou 1 million de membres, et que cette association aide des centaines de milliers d’aidants ou des millions d’aidants par ce qu’elle apporte d’utile. Emilie

  13. Autant d’aidants, autant de parcours différents, autant de situations à un moment différentes, alors la « reconnaissance » peut paraitre très différente selon les aidants. Avec le petit groupe, on a proposé différentes idées de « reconnaissance », toutes parfaitement anecdotiques, mais justement utiles, parce qu’anecdotiques et donc qui ne font pas peur à ceux et celles qui prendront la décision de les mettre en œuvre. Parmi ces idées anecdotiques, la « carte de stationnement prioritaire », la « carte d’urgence de l’aidant » avec le logo Ministère de la santé, la case « aidant » à cocher sur la déclaration d’impôt à l’endroit où on définit sa situation, la case « aidant » sur les formulaires de la SS, du pôle emploi, etc. Ce sont des petits-riens, mais elle marque le « statut » de fait de l’aidant, et lui confère un avantage qui ne coûte rien à la collectivité. JLB

  14. Vaste débat ! C’est possible qu’il y ait 8,3 millions de réponses, autant que d’aidants. Il y a plein de réponses : la reconnaissance, c’est quand les familles se soutiendront en leur sein. C’est quand un aidant qui travaille en même temps n’aura plus peur de dire qu’il est aidant. C’est quand les entreprises reconnaitront le phénomène « aidant » qui touche 20% de leurs salariés. C’est quand la MDPH ou l’APA cesseront d’ignorer les aidants. C’est quand les associations d’aides à domicile distribueront aux familles qu’ils visitent des plaquettes « Aidants ». Etc. Etc. Les politiques n’ont pas besoin de se souvenir éventuellement de nous le 6 octobre, c’est aux 8,3 millions d’aidants à se prendre par la main et à se compter, et à exiger. Thérèse

  15. Je pense que les aidants sont largement spectateurs, parce qu’aucune organisation, pas même l’Association française des aidants qui dit pourtant faire du lobbying en faveur des aidants et vouloir les représenter au plan national, ne demande rien aux aidants. Pour se défendre, ces associations et organisations disent qu’ils ne savent pas comment joindre les aidants… C’est pitoyable ! Robert S

  16. Je ne crois pas que les aidants sont « oubliés » le reste du temps, mais je comprends que dès lors les aides sont insuffisantes, peu de non-aidants se précipitent pour aider les aidants. Il n’y a pas de réponse possible aux besoins énormes des aidants (cf. les 164 milliards de contribution informelle annuelle des aidants), et donc la société oublie aussitôt les problèmes qui dérangent et auxquels il n’y a pas de réponse de société. Sur le fond, les aidants sont de plus en plus conscients, et tôt ou tard, la voix des aidants sera organisée, et on verra des initiatives pour répondre aux besoins des aidants, même de manière imparfaite, à tout ce qui n’est pas encore bien répondu. On va voir très vite, dans les 6 à 12 prochains mois, ce qui évoluera côté entreprises et les 4 millions de salariés-aidants ! ce sera un bon test aussi ! JLB

  17. A partir du moment où on veut qu’une telle journée aide, elle aide ! Pour ma part, je ferai une intervention devant des ex-collègues dans mon entreprise, et je leur parlerai des aidants, de leur rôle, et comment ne pas avoir peur d’en parler en interne dans l’entreprise. Si je peux faire un e telle intervention devant mes collègues, c’est bien « grâce » à la DRH qui a voulu marquer le coup de la Journée du 6 octobre pour faire une réunion « spéciale » sur un des thèmes les plus complexes qui soient : « comment dire qu’on est aidant à son chef, et ne pas en subir de conséquences néfastes pour soi ». Robert

  18. Cette année, l’Etat a laissé à des acteurs associatifs et privés concernés par le thème, le soin d’organiser cette Journée nationale des aidants. Certes, le haut patronage du Secrétariat d’Etat à la Famille, aux Personnes âgées et à l’Autonomie rappelle l’engagement de l’Etat qui vient de faire adopter en première lecture à l’Assemblée nationale le projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement, et où figurent des avancées réelles de reconnaissance pour les aidants. Mais le haut patronage de ce seul Secrétariat montre bien le chemin qui reste à faire pour revenir à la vision cohérente de la première Journée nationale des aidants de 2010 où pas moins de cinq ministres et secrétaires d’Etat concernés avaient alors soutenu cette Journée : Roselyne Bachelot pour la Santé, Nora Berra pour les Aînés, Nadine Morano pour la Famille et la solidarité, Eric Worth pour le Travail et la Solidarité, et Nathalie Kosciusko-Morizet, pour la Prospective et le développement de l’économie numérique. GR

  19. Assistante sociale dans le sud-est de la France, je viens souvent sur votre site et j’ai le plaisir de voir qu’il a été complètement rénové, et je profite de l’occasion pour m’exprimer sur ce 6 octobre. Pas de relai dans les grands médias, des événements locaux bien sûr, mais de toute évidence l’élan du départ (1ère journée nationale des aidants en 2010) n’est pas allé crescendo. Pourtant, alors qu’on donne la parole dans les médias à beaucoup de gens qui n’ont rien à dire, je ne crois pas qu’il aurait été si difficile ce jour là de la donner largement à des aidants.
    Il n’y a pas selon moi de réelle volonté d’une politique de soutien à tous ces aidants que je rencontre sur le terrain. Comme toujours, on écoute ceux qui peuvent donner de la voix, ou ceux qui peuvent faire sensation… pas ceux qui n’ont pas accès à la place publique.
    Sur le terrain, j’essaie de soutenir professionnellement ces personnes, mais mes moyens sont aussi bien limités!…
    En tout cas, je suis contente de voir que votre site est ouvert à tous, et j’en profiterai et le ferai savoir autour de moi, tant au plan personnel que professionnel ! Cécile

  20. je viens de faire une première revue des journaux, des radios et des télés, je pense que la JNA marque des points pour mieux sensibiliser sur les aidants. Si vous êtes intéressés à cette récap des articles dans la presse, dites le moi, je le posterai.
    Ce qui est très difficile, c’est que les aidants puissent s’exprimer tout seuls, que les journalistes les citent dans la totalité de leur témoignage, pas seulement ce que eux les journalistes veulent mettre en avant. Mais c’est certain pour moi, les JNA successives depuis 2010 ont aidé à la sensibilisation générale des médias et des français. Bon point, même si il reste encore un long chemin.
    Merci pour laisser la parole aux aidants, il y a peu d’autres sites qui le font.

  21. Bien sûr, nous sommes spectateurs parce qu’on risque pas de sortir et de laisser notre malade seul. Alors on est spectateurs, mais ça me fait bien plaisir de voir qu’au moins une fois par an, les journaux en parlent un peu. Je voudrais dire aussi que vous pourriez aider les journaux à mieux comprendre qui nous sommes, il n’y a pas de "sensationnel" avec nous, mais on a besoin justement que les journaux parlent de nous. Merci par avance. René

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