Vous avez dit Rencontres scientifiques ?

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Beaucoup de personnes ont salué la tenue des 3èmes Rencontres scientifiques de la CNSA comme une très bonne chose puisque ces journées sont consacrées aux aidants. Oui , c’est sûrement une très bonne chose qu’on parle des aidants.

Mais… Mais il y a un grand « MAIS »… Je suis terrifiée quand je vois quels scientifiques vont parler de nous les aidants sur des thèmes majeurs comme la conciliation activité professionnelle et rôle d’aidant (on est juste que 4 millions d’aidants concernés) ou celui de la santé (on est au bas mot 2 millions d’aidants à avoir de véritables problèmes graves de santé directement liés à notre rôle d’aidant), et qu’ils vont dire aux gens présents et aux journalistes présents ce que nous pensons, ce que nous vivons, ce qu’il nous faut…

Et pas un aidant sur la scène pour intervenir (je verrais bien les modérations faites par des aidants qui le vivent, mais serait-ce vraiment une « modération »… ?) Je suis terrifiée et accablée car je suis certaine que les organisateurs ont longuement et professionnellement réfléchi à faire de ces Rencontres un point d’appui pour faire évoluer les pensées et les actions dans un sens favorable à nous aidants…

Qu’ils aient donc réfléchi et décidé que la présence d’aidants pour dire la vie d’un aidant n’était pas nécessaire me fait tomber les bras. Emilie

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10 commentaires

  1. En faisant un passage sur ce site où je viens souvent, je cueille au vol car je suis pressée ce billet d’humeur. Comme je suis d’accord avec cette personne! C’est très français cette façon technocratique de faire les choses : nous les experts, nous savons, nous avons étudié, fait des recherches etc… Je dirais aussi que c’est très jacobin. A Paris on sait… le reste de la France n’a qu’à bien se tenir. Je m’arrête là car je n’ai vraiment pas le temps ce soir.. mais je reviendrai!

  2. Surtout que vos bras n’en tombent pas, il serait dommage de nous priver de votre façon de voir ! C’est ainsi en France, les professionnels ne s’attachent pas au terrain, et surtout dans le cas des aidants familiaux, il y a une telle diversité que ces professionnels sont bien en peine d’arriver à faire une synthèse. Alors pas étonnant qu’ils restent entre eux, au moins, ils sont dans leur zone de confort.

  3. Est-ce qu’il y a possibilité pour les aidants de poser leurs questions par email aux experts au moment où ces derniers sont réunis dans leurs tables rondes respectives ? Ce serait un moyen de donner la parole aux aidants ?

    • Ce serait un moyen de permettre aux aidants de poser des questions, mais cela empêchera en rien l’absence de réponses des intervenants. On peut le regretter, mais c’est ainsi, donc autant ne pas se prêter au jeu. Ils se donnent bonne conscience tout en ne faisant rien.

    • Admin - Aidants en Mouvement on

      Pascal JANNOT, Président de La Maison des Aidants et directeur du Cif-Aidants assiste à la journée du 06 novembre. A son retour, il vous dira si des Aidants étaient présents dans le public ou si un moyen de communication a été mis à leur disposition pour interpeller ces experts.

  4. bonjour Emilie, oui, c’est intéressant de rappeler à ces organisateurs qu’on parle beaucoup et partout et de plus en plus de démocratie représentative et de présence des usagers, reste à le faire vraiment comme ici !
    Joseph K Fnapaef

  5. ce qui est vraiment ironique, c’est que le titre même de ce colloque de deux jours c’est "Etre proche aidant aujourd’hui".

  6. Thérèse Ollinet on

    Aucune reprise dans les journaux de ce qui s’est dit lors de ces rencontres. A croire que les journalistes n’avaient pas été conviés ou que les débats n’ont pas passionnés les journalistes ? Les journaux ne mettent pas vraiment en avant les aidants, et pourtant, on représente entre 8 et 9 millions de personnes. Quantité négligeable ou thème qui ne fait pas vendre ???

  7. Pour avoir participé à ces deux journées, personnellement, il me semble que, même si c’est à la vitesse "escargot" , petit à petit les "aidants" sortent de l’ombre et que leur cause commence à être entendue.
    Les pouvoirs publics et les divers organismes dont la CNSA semblent avoir pris en considération l’importance de la prise en compte du couple "aidant/aidé" et de "l’aide aux aidants" notamment dans sa dimension sociétale et économique.
    Reste que, même si le partenariat et la complémentarité avec les professionnels a été plusieurs fois évoqué, on était toujours, à mon sens, davantage dans le " FAIRE POUR" que le "FAIRE AVEC"
    De ce fait, la prise en compte des besoins exprimés par les aidants eux-mêmes reste encore me semble t-il une approche relativement minoritaire.
    L’approche majoritaire étant que l’aide aux aidants passe d’abord par l’aide aux aidés et un bon accompagnement de ceux-ci, ce qui dans l’absolu peut se concevoir aisément mais qui , de mon point de vue ne tient pas compte de la réalité des chiffres et de la "vraie vie" : Les 2/3 de l’accompagnement sont le propre des proches aidants et les aides financières des personnes âgées en perte d’autonomie sont malheureusement relativement faibles .
    Si l’on ajoute à cela, les difficultés financières des services d’aide à domicile, celles du recrutement des professionnels de terrain ( peu reconnus , peu rémunérés , sans compter les questions de formation et d’expérimentation) et les autres aléas, on peut se demander comment celles et ceux qui sont dans cette optique, entrevoient concrètement les choses.
    Reste encore que si le chiffrage des 8 à 10 millions d’aidants semble faire consensus, l’ampleur de ce chiffre ne revêt pas pour autant une même réalité pour tous: pour certains l’aide se limite à faire les courses par exemple, pour d’autres ce chiffre inclus l’aide de jeunes voire très jeunes enfants, et pour d’autres encore comme Serge Guérin, ce chiffre correspond au nombre d’aidants apportant une aide moyenne de 20H semaine .
    Alors, pour rester optimiste, je vais dire que chemin faisant et par la force des choses, les aidants sortiront de plus en plus de l’ombre, même s’il faudra, sans doute , encore bien des années avant qu’en France, ils n’apparaissent au grand jour et qu’il y ait un véritable partenariat du "FAIRE AVEC " partagé entre tous les acteurs ( Personne malade ou handicapée, proche-aidants, professionnels, pouvoirs publics et organismes divers) .

  8. moi ça ne m’ étonne plus ,ç est la conception très "universitaire "de bien des problèmes de terrain qui fait que dans tous les domaines ,et en particulier le médico-social , on en soit arrivé à ces situations de souffrance déconnectée de la vraie vie .. et analysées par tous sauf des gens de terrain ..;

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